Posté le 28 février 2010
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“Quand on n’a que le web à s’offrir en partage au jour du grand voyage qu’est notre grand dessein, quand on n’a qu’Internet, son réseau, toi et moi, pour qu’éclatent de joie chaque heure et chaque jour, quand on n’a que le web, pour vivre nos promesses, sans nulle autre richesse que d’y croire toujours, quand on n’a qu’Internet pour meubler de merveilles et couvrir de soleil la laideur des faubourgs…
Quand on n’a que l’échange, pour unique raison, pour unique chanson et unique secours, quand on n’a que le libre pour habiller matin pauvres et malandrins de manteaux de velours, quand on n’a que du flux à offrir en prière pour les mots de la terre en simple troubadour…
Quand on n’a que le partage à offrir à ceux-là dont l’unique combat est de chercher le jour, quand on n’a que des url pour tracer un chemin et forcer le destin à chaque carrefour, quand on n’a que le blog pour parler aux canons et rien qu’une note pour convaincre un tambour, alors sans avoir rien que la force de nous connecter nous aurons dans nos mains le monde entier.”
Ode au Creative-Commons, à l’Open-Source, aux Social-Medias (et au HTML5?) imaginée par Jacques Brel et remixée par mes soins
[ouai, back :)]
Posté le 20 décembre 2009
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… Depuis 14 jours et toutes les semaines que la vie me donnera, je penserai à cet instant fait de la matière dont on ne livre que l’écume et ne nomme que rarement l’essence. Eva a kidnappé beaucoup de mon temps partagé online.
Ceci n’est pas un post. Ceci est une encre. Numérique. De ce qu’il y a de moins virtuel. La maman, la princesse, le papa, vous embrassent /-)
Posté le 5 décembre 2009
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21 décembre 2009 - 22 mars 2010 : la dernière campagne avant 2012 sera également la première campagne politique pour laquelle l’ensemble des forces en présence auront, toutes, confié leur stratégie on-line a des professionnels. Nous sommes de ceux-là. Comment conter cela ? comment ne pas le faire ?
Les slogans déclinés depuis les url ? Un programme organisé à partir de killer app ? des “trending topics” en temps-réels pour piloter la campagne ? Un data-mining inédit pour consolider en quelques mois des projets nés des années ou des mois en amont ? des réseaux sociaux à ambition organisationnelles ? Des plateformes de libre expression véritablement éditorialisées ? Quelles innovations ? Pour quelle campagne, quel projet - par delà les résultats électoraux, fruits de tant d’autres vents contraires ?
J’ai commencé cette note le 21 novembre 2009. Il faudra longuement revenir sur les épisodes précédents, car rien de ce qui suit ne saurait être compris sans regarder plus en arrière et remonter, au moins, jusqu’en 2006. Mais ce sera pour plus tard.
La campagne des Régionales 2010 est une première du genre. Toutes les forces politiques en place ont mis des moyens appropriés et donné des cartes blanches de superficie et d’effectivité variables à des trentenaires plus geeks que spin doctors. Quoi que.
Il y a du Pilhan, du Campbell, du Obama et beaucoup d’intuition et d’imagination dans l’influence et donc l’approche de chacun. De près ou de loin autodidactes, une génération de barbus issus de la blogosphère primaire a jeté ces dernières semaines sur paperboard puis sur basecamp et en php dans vos navigateurs du jus de cerveaux déguisé en sites web et stratégies éditoriales on-line.
La politique est devenue virale. Plus qu’une addition de séquences de buzz, les 100 (puis les 1000) prochains jours seront les fruits de tentatives inédites de déployer derrières des url les échoppes en réseaux destinées à créer de la confiance et du discernement, des supports de liens sociaux et de mobilisation, IRL - In Real Life.
Pour le première fois ceci pourrait précéder et conditionner “tout le reste”. L’URL catalyseur de l’IRL ? Qu’est ce qui en sera in fine impacté, de la bâche derrière la scène à l’organisation des débats ou au plan média des candidats, du fond de marque à la mise en scène des valeurs, de la forme, tactile, implicative, scénographié, en passant par le fluide, l’essence : les données ?
Bien que mandatés à sa conquête, nous ne voulons pas le pouvoir. Pas pour nous. Nous sommes des geeks, des concepteurs, des développeur et des animateurs de médias sociaux, des citoyens engagés, nous ne sommes pas en quête de strapontins ou autres maroquins. En cela certains partis ne passent que maintenant véritablement du chaud au froid, du passionnel au professionnel.
Tenter de favoriser l’alternance et inscrire celle-ci dans une recomposition politique pluraliste et modérée, n’est pas pour autant - et je ne parle ici qu’aux noms de ceux que j’accompagne au sein de 22mars - le moins enthousiasmant des projets. Nous avons arraché, souvent assis au bord de la rivière, d’autres fois d’en d’âpres batailles intellectuelles ou entrepreneuriales, le droit de relever ce défi.
Nous n’allons pas mener une guerre, nous allons participer à la création de ses champs de batailles. Puissent a posteriori les vainqueurs être les citoyens, que d’aucun appellent internautes quand ils ne peuvent les embrasser du regard.
A bien y réfléchir, c’est de l’espérance et de l’adhésion dont est faite notre mission : il ne s’agit pas seulement ici de “faire des sites” mais bien davantage “d’inciter à faire”. A faire le juste choix.
Ce choix-là je ne l’ai personnellement jusqu’ici jamais fait. Passionné de politique et investi plus qu’il ne faut, je n’ai jamais eu de carte d’électeur et n’ai jamais voté ; ceci n’est pas un scoop. Telle est bien pourtant la seule issue qui compte pour chacun de ceux qui auront cette responsabilité ces prochains mois : inciter à voter. A voter pour celles et ceux en qui l’on a nous-même accepté de faire confiance.
Le premier à convaincre n’est donc ni militant, ni opposant, ni Madame Michu ou son fils Kevin, mais bien le ou la française d’âge moyen qui n’a pas envie que sa vie le demeure, moyenne. Ma pomme, entre-autres.
Vous aussi peut-être ?
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[Illustration d’après une photo de John Steven Fernandez / CC - FlickR et photo CC by C. Grebert, ‘Toshopée maison]
Posté le 22 novembre 2009
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Il est des chansons dont vous savez vite qu’elle marqueront un moment fort de votre vie. Merci à Charlotte Gainsbourg (sublime) et Beck pour celle-ci.
Posté le 14 novembre 2009
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Le Parlement de l’Alternance, en 4 points, c’est :
- toutes les forces politiques susceptibles d’arriver au second tour en France en 2012 [ou avant] face à l’actuelle majorité,
- qui se retrouvent tous les mois [ou plus souvent] publiquement [et beaucoup plus régulièrement, entre-eux, pour travailler, vraiment]
- afin de définir les bases du projet et les valeurs communes de l’alternance à construire, tous, ensemble, de nos mains
- et dont émergeront des candidats solides qui se départageront lors du premier tour [véritables primaires] avant de se rassembler au second tour pour gagner puis gouverner [et reprendre également l’Assemblée].
Petit rappel [synthèse personnelle à retravailler ensemble, si vous le voulez bien] inspiré des réflexions de Messieurs Bayrou et Cohn-Bendit [entre autres !] compilées ici à l’attention de Monsieur Peillon, Vincent de son prénom. Et à toutes fins utiles, à votre attention..
Puisse l’ensemble des mouvements tectoniques engagés au sein des familles politiques “sociales, écologiques et démocrates” notamment, converger durablement… Par delà couleurs et intérêts particuliers.
Vive Dijon, Vive la France, Vive la République (MAJ: et bienvenu au #Rassemblement + bon rétablissement à DCB /-)
@ vous !
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Parlons-en, débattons-en, ça nous concerne, directement! / note également publiée sur Facebook.
–
Posté le 2 novembre 2009
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C’est ainsi. Vous bloguez depuis plus de 5 ans, y avez consacré votre vie, votre métier, votre temps et un jour en vous retournant, vous constatez le pire: vous n’avez pas blogué depuis près d’un mois!
C’est alors [toujours] que surgit le meilleur: vous n’avez jusque-là ni décidé ni encore l’intention de fermer votre blog. De toute façon “les blogs c’est mort” 20 fois et le votre n’a jamais cessé de naitre… Vous non plus. Vous avez par contre commencé à vieillir - mais c’est une autre histoire
Ceci est donc un blog, vivant, le blog d’un gus qui en a fait sa vie au point d’avoir tellement-de-moins-en-moins de temps que ce blog lui-même n’est plus assez actualisé. Mis a(u) jour.

Pire, après une ‘tite boite qui va fort (à se battre on avance /-) c’est une crevette qui s’annonce. Elle a déjà son NDD, ses NDDsociaux et depuis quelques jour, une chambre. C’est vous dire que le papier peint, l’IRL, a pris de la place sur celle squattée par le HTML & l’URL !
Pendant ce temps des projets fous subsistent au milieu de jungles médiatiques paupérisées et autres infobésités assassines ; d’autres pointent leur nez… On reparlera #Curatoring, #LinkTV et #JournalOnDemand ici. C’est promis.
C’est écrit.
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[image]
Posté le 4 octobre 2009
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La France de Maastricht était anti-élites. Celle de la Votation, contre la privatisation de la Poste et pour un referendum citoyen, est “anti-pognon”. Puisqu’il fuit, détestons-le.
Les rurbains ont bobo à la cité : Le nouveau front contestataire en France comme en Europe n’est pas anticapitaliste mais anti-précarité et anti “bling-bling” à la fois. Duels et paradoxaux, inquiets (terrifiés) déçus (terriblement déçus) et populistes (en diable) l’essentiel des contestataires n’en sont pas moins consuméristes. L’insurrection, qui ne vient pas mais fait de plus en plus jour dans la société, est moins anarchiste et “de gauche” que sociétale (sans projet de société clair) sociale (de moins en moins sereine matériellement) et écologique (mais refusant la culpabilisation et consciente de son égoïsme).
Le paradoxe écologique est à ce sujet représentatif : pour sauver le bien commun il faut lui donner une valeur marchande, ce qui est une perte de valeur(s). L’aspiration soufflée par le Surmoi (très fort) de la société européenne, également caractérisé par les dernières séquences politiques en France, est à la démonétisation de l’espérance. La demande est forte à défaut d’être claire. En face l’offre, si faible, n’est que “gagner plus”. Autant dire mensonges ou vacuité.
L’heure est aux inégalités croissantes (vues de tous, partout, tout le temps, en temps réel). Payer les élèves pour qu’ils aillent en cours, ou transformer la Poste en SA est l’illustration nationale (après tant d’autres) de ce grave faux-pas… En monétisant ce qui ne l’était pas, l’offre politique de notre représentation publique fait le pas de trop, sans que leurs éprouvettes n’aient encore su leur avouer.
La demande de démonétisation de l’espérance est si forte qu’elle porte en elle, par delà les clivages politiques ou nationaux, le cœur du projet à mener.
Posté le 27 septembre 2009
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Depuis son lancement (remarqué
) en octobre 2008, aaaliens a rassemblé une cinquantaine de contributeurs, distribué des centaines de milliers de clics qualifiés vers les meilleurs lectures et contenus web (musique, vidéo, pdf…) signalés par un groupe de veilleurs, mouvant, partageant leur sélection au sein de ce laboratoire de “curatoring” (cf: curator sur wikipedia) ou de “linkjournalism”.

Cet enjeux de la recommandation est aujourd’hui essentiel face à “l’infobésité”, face à une abondance d’information toujours croissante.
Ce travail d’éditorialisation (il n’y a pas de mot français plus adapté, et la traduction mot pour mot de “news curators” serait absurde) ne remplace en rien quelque activité journalistique que ce soit. Mieux, elle devrait en faire pleinement partie (comme l’animation de sa communauté ou la gestion de sa réputation). Clairement, elle a été de tout temps proche du travail de “médiation culturelle” des bibliothécaires. Concrètement, elle a été réinventée et remise au goût du jour avec le blogging, le bookmarking et se renouvelle dans les réseaux et médias sociaux, Twitter en tête.
Tout cet été, Corentin Allard a codé la V2 qui sera bêta-testée par le pool de contributeurs dès le 1° octobre prochain. Le design va s’enrichir, nourri d’un an d’usage et de retours, critiques, souhaits et bugs relevés, que ce soit sur les outils de feedback, par échanges mails, lors de discussions IRL, ou encore sur le blog, le wiki, le groupe facebook, twitter, etc. Olivier Livet a apporté son savoir-faire à cette nouvelle version. Aurélien Fache est en train de passer ses nuits sous le capot pour achever cette savante tuyauterie. Tom Wersinger y mettra la touche finale. Beaucoup de code, de la poésie. De l’amour aussi /-)
Voilà quelques-une des nouveautés :
- Aaaliens quitte Symfony pour Wordpress. Plus cohérent, plus riche, mieux intégré dans nos écosystèmes, optimisé pour être multicomptes, Wordpress ouvre une galaxie sans frontière vers de nouvelles fonctionalités… Et des aaaliens dédiés
- Aaaliens intègre le “temps-réel” et le microblogging avec un “pipe” de Twitters / nous reviendrons longuement sur cette partie des développements et le potentiel de cette démarche croisée.
- Aaaliens pourra être alimenté par tous types de flux. Jusque-là Délicious seulement était pleinement optimisé. Ceci va faire quelques heureux qui effectuent leur veille sur d’autres outils
- Aaaliens se dote d’un outil de recherche inédit : classement dans les sources, dans les “tops” (les liens signalés par plus d’un membre et ceux plébicités par les lecteurs) mais aussi par typologie de contenu (vidéo, mp3, pdf, etc).
La liste serait longue (et je compte bien sur d’autres pour y revenir) pour conter ici les travaux en cours et les centaines d’heures de travail investies dans ce projet fou, qui survie à toutes les épidémies…
Depuis l’ouverture d’Owni, Aaaliens est également intégré au vaisseau-mère afin d’y retrouver le meilleur de nos billets et lectures en une même unité d’espace. “Nous souhaitons multiplier les passerelles entre ces deux médias sociaux. Quitte à imaginer des rendez-vous physiques ensemble”, vous l’écrivions-nous le 20 aout dernier.
Avec un mois de retard et après un an de collaboration plus qu’enthousiaste, nous sommes tous fiers de vous donner rdv dans quelques jours. Les membres (à 3 yeux) béta-testeront le bébé dès la fin de semaine prochaine et, avant le 10 octobre, on ouvre les gaz en grand /-)
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> Voir la maquette de la V2, partagée le 30 aout dernier sur Owni, ici.
> aaaliens
[image d’illustration : Noise Less / CC - Deviantart]
Posté le 12 septembre 2009
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Internet est un “tout à l’égout” répète en boucle ce cher Olivennes (patron de l’ex-Obs et père caché de Zara Hadopi) semble-t-il en phase avec l’AFP et Reuters, qui se prennent salement les pieds dans les fils ces temps-ci…

Michaelski le dessine mieux que nul autre ne le décrit (voir le strip intégrale). Pierre Haski ce matin a également vue rouge et trainé France 3 dans ce grand bain de boue. C’est qu’il faut lire cette dépêche AFP et, pire encore, celle-ci, de Reuters. Amalgames, ratés, erreurs grossières, idées reçues. Tout y passe.
Ce que nul n’ose s’avouer est que ce n’est pas “Internet” qui “se permet des choses” qu’il ne “faudrait pas faire”, non. C’est Internet et Internet seulement où les rares audaces éditoriales, les exceptionnelles expérimentations et les éphémères coups d’épées rédactionnelles (le plus souvent dans l’eau) ont encore parfois lieu.
La vidéo de Ségolène sur les 35h avait été pointée sur mon blog par Le Monde [ndlr : leurs archives sont payantes, les miennes en goguette]. Le papier trappé par Bolloré à propos du Pass-Navigo avait été dévoilé sur mon Twitter suite - déjà - à un refus d’une rédaction nationale majeure de publier l’info. Naguère, même les sites d’information des médias traditionnels et en particulier de presse (la TV n’a pas en France la culture du scoop et de l’info chaude) s’appuyaient sur “le web”, en l’occurrence sur les blogs, pour “balancer”.
Cette semaine, c’est à la Une de son propre site que Le Monde à diffusé la vidéo (une première - voir capture d’écran ci-dessus). Public Sénat n’avait pas osé diffuser ses propres images. Pas de fuite auprès d’un blogueur pour se défausser (ni de télé belge
). Pas de “Pure Player” ou de “journaliste citoyen” ni de portable ou de tweet derrière cette information. Juste un média qui fait son travail: coller à la réalité. La restituer. En assumer les conséquences. Sans jamais réellement parvenir à contextualiser ou analyser les mécanismes à l’œuvre, soit dit en passant (Versac a tenté le coup sur Slate).
Internet n’est pas une poubelle, c’est même la seule surface résiduelle de liberté éditoriale et d’audace journalistique. C’est aussi là que le métier se réinvente (Benoit Raphael parle d’un ADN de l’information qui a changé, contrairement à celui des journalistes, qui résisteraient à se remettre en cause. Et vont trop souvent à l’aumône, rajouterai-je /-).
Oui, la “blague” de Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, est inadmissible - pour cette seule et unique raison. Car il incarne la République. Oui, il fallait diffuser ces images, quand un seul témoignage écrit du journaliste aurait posé d’autres problèmes. Oui il a fallut s’adosser à Internet pour le faire. Même pour Le Monde. Même pour le JRI de Public Sénat. Oui. Sans internet point de salut ?
Le problème avec les dépêches d’agence bâclées, c’est pas quand il y en a une. Quand il y en a une, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes, comme on dit en Auvergne.
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MAJ : must be seen > par 3615ma vie > le travail de sape fait depuis 15 ans dans les JT hexagonaux. Un travail de fond…
Posté le 1 septembre 2009
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66,6 % d’entre-nous n’ont pas d’amis ? Ou pire.. ils ne leur ont rien dit ?
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(tweet transformé en billet. Il est important que le monde sache : IE = c’est mal /-)
Posté le 29 août 2009
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[article initialement publié le 29 août sur Owni.fr ]
Cette note se veut brève car les informations sont rares et que le message parait clair.
Benoit Thieulin (artisan de la campagne sur le net de “Désir d’Avenir” puis de celle d’Europe Ecologie, mais aussi cofondateur du réseau des pirates à nos côtés) ainsi que Valerio Motta (présenté comme l’un des artisans de ce projet, Valério est un militant de gauche grandi chez les MJS et mûrie au bon grain blogosphérique) ont tous les deux un discours cohérent battit sur l’usage.
Leur projet : “un Facebook de gauche” disent ils en substance au micro de Samuel Laurent pour le Figaro. (notez qu’on est ici entre followers/following de Twitter - ce monde est petit ;). Mieux que le “Meetic de droite” promis par l’UMP ?! > voir les 3 vidéos sur le Figaro et les explications, mal sonorisées, des deux compères.
Le 13 août dernier est acheté le nom de domaine. Rien ne filtre du projet. Y investira-t-on au PS jusqu’à plus de 6% des budgets du parti comme le voudrait la logique ? Ce serait alors un projet colossal. Digne sans doute de ce qui se fit aux Etat-Unis… Qui plus est, grandi sur le long terme ?
Développé - on peut s’avancer connaissant le travail de la Nestcouade, qui semble être la cheville ouvrière de ces développements - dans un environnement open-source, Drupal probablement, le projet Coopol serait directement connecté à des rdv et rassemblements “IRL” (In Real Life) comme nous le recommandons depuis des années à d’autres [disclaimer : 22mars qui édite Owni a aussi réalisé le site lesdemocrates.fr dont une version Béta est en ligne depuis le mois de mars 2009].
Certains, qui connaissent la Coupole, s’étonnent de ce nom. Si la contraction “la coo-pol” est criticable ou peu surprendre (qui n’a pas dit combien “MoDem” était peu réjouissant ! Pourtant l’UMP elle-même se chercherait un nom-contraction) mais le nom complet en dit bien plus long sur le projet qui sous-tend ce réseau social, organisé comme outil de militantisme :
“Coopérative Politique”.
Ce papier se voulait bref. C’est à vous que je laisse le soin de disserter en commentaire sur ce que vous inspire ce nom.
De mon prisme, convaincu qu’Internet est en train de faire muer à vitesse accélérée les organisations politiques tout autant que la sphère médiatique (et d’autres) j’ai le sentiment qu’il y a derrière ce nom, potentiellement, beaucoup plus…
Transformer un vieillissant parti politique de ligue 2 en coopérative politique “open-source” adossée à un réseau social ambitieux… Plus qu’un pari ou une promesse : le graal d’une victoire ?
@vous !
–
Posté le 25 août 2009
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C’est ainsi que l’on discute aujourd’hui, ma bonne dame. Comme cela aussi que l’on travaille. Le moment où commence et s’arrête l’un et l’autre est d’ailleurs aussi flou que variable…
Ici il s’agit d’un tweet, repris puis commenté sur facebook, que j’avais envoyé suite à un article du monde.fr et à la discussion qui suivit l’efficace (comme toujours) cri d’oiseau d’@xternisien.

Nicolas Voisin
Il y a un mimétisme dans les tentatives de monétisation des sites web qui me dépasse: rien d’autre que pub et premium n’est envisagé ?! #RIP (140 signes chrono, exercice oblige)
Judikael Hirel
En tout cas pas la fusion des rédactions web et print des grands médias, ni des desks rédactionnels transversaux dans les grands groupes. La question n’est pas seulement de gagner plus, mais aussi de dépenser intelligemment, souvent.
Nicolas Sosnowiez
Si : twitt sponso, on a sponso des comptes dailymotion etc. donc il y a des nouveaux modèles… enfin des reprises des vieux modèles sur les nouveaux supports.
@Judikael : ça fait 7 ans maintenant que la presse ne sait pas comment gérer le web, au début ils voulaient répliquer les articles des mags mais les journalistes ne voulaient pas, puis ils ont fait des rédacs web et maintenant ils ne savent plus comment le gérer à nouveau avec des modèles ROI… (…)
Nicolas Voisin
@Judikael : “dépenser intelligemment” c’est ce auquel on s’attache [sur la naissante soucoupe]… Et notamment en inversant le modèle :
- faire d’abord des sites (être rentable) et accompagner des communautés (être désirable)
- déployer ensuite une stratégie éditoriale (être média
)
Ensuite en s’attachant à deux règles :
- ne pas faire si c’est déjà fait à l’identique ailleurs (expérimenter)
- tenter plusieurs axes, de front (sérendipité
)
@Nicolas Sosnowiez : tout ça reste de la pub. Non ? Nos premiers réflexes c’est (et ce sont autant d’axes que nous allons expérimenter de façon très concrète) :
- jeux social (monnaie virtuelle ?)
- recommandation (guide ?)
- gratuit et disséminé dans l’abondance (web)
- payant aux péages (iPhone, Kiosque ?)
De tout cela on va reparler, car je compte bien mener ces expériences publiquement, de façon ouverte.. Et ainsi contées /-)
–
Pierre, Laurent, Johan, Benoit, Edwy, Daniel, Nicolas, Jacques, Emmanuel, Guillaume, (…) amis Pure-Players et autres rédactions.fr : n’y-a-t-il pas des expérimentations que nous pourrions faire ensemble ?
Il y a autre chose que le ROI dans la vie. Se comporter en moutons de Panurge pourrait être fatal face au médiastorm. Ni subvention ni acte d’achat sans valeur ajoutée ou toute forme de prostitution clignotante que ce soit ne peut ni ne pourra suffire.
Une vision, des idées, ça se partage, car ces combats ne se mènent pas seuls. Ils se perdent les uns contre les autres ou se gagnent ensemble, par îlots interdépendants…
Jouons “Open business model” : Owni est un laboratoire d’expérimentation. Tentons-y l’impossible ! Autre chose que de la publicité ? Autre chose que l’autarcie aveuglée du seul péage ? Autre chose que les GIF animés ?
Si nos médias ont besoin de tout sauf d’aller à l’aumône, il va en tout cas leur falloir faire preuve d’une imagination forcenée pour… se ré-imaginer. C’est à cela que nous comptons jouer.
Nous ne sommes pas des Bisounours. Nous menons un combat. Avec vous si vous le voulez bien.
Bien malin qui dira à quoi ressembleront les médias de demain.
–
> lire aussi : et si vous discutiez avec vos lecteurs ?
(image CC Une : nuit sonore on deviantart / affiche : détournement maison - source photo)
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@vous !
Posté le 19 août 2009
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Depuis ce joli mois de mai, Owni a doucement pris son envol.
L’objectif est d’y proposer en un lieu commun le meilleur de nos articles et réflexions.
Owni est un média “pure player” dont l’angle est technophile. Tous les sujets peuvent y être abordés.
Owni est aussi une plateforme de blog et un réseau social : ces deux fonctionnalités ouvrent ce jeudi 20 août. C’est vers la génération Y, vers les écoles de journalisme, notamment, que nous allons essayer d’étendre ce réseau d’internautes. Prenez le temps d’y éditer votre profil à votre retour de vacances /-)
Owni est aussi un “thinktank” - le mot est bien pompeux - destiné à donner à penser, en une seule et même unité d’espace rédactionnel et conversationnel les mutations majeures aujourd’hui à l’ œuvre. Leurs enjeux. Nos visions, espérances, rebellions…
Il s’agit aussi de fédérer ceux qui font tous les jours un travail de “news curator” (de veille) permettant de rassembler et de partager le meilleur des contenus en ligne. Devenir pas à pas un média de vulgarisation et de pédagogie, ainsi qu’un “méta agrégateur humain” nous semble un objectif essentiel. Un guide ? Oui, nous y songeons. Nous en reparlerons…

Owni, avec aaaliens, est donc également un “hub” de “linkjournalism” ou “socialjournalism” qui se propose de compiler le meilleur des lectures, liens, archives, que vous signalez librement. La version “TV” d’Owni permettra d’ici peu de retrouver le meilleur des vidéos dans un environnement dédié, en constante amélioration.
Aaaliens, enfin : ce dernier verra, le 1° septembre, une versions V2 arriver en ligne, 9 mois après sa création, incluant Twitter (& else) et le temps réel, entre autres nouvelles fonctions.
Nous souhaitons multiplier les passerelles entre ces deux médias sociaux. Quitte à imaginer des rendez-vous physiques ensemble (”Hadopi m’a tuer“, soirée concert, fut une joli ballon d’essai à ce propos). Les combats pour la défense des libertés numériques ne devraient pas manquer !
Au plaisir de vous lire, d’échanger, de débattre et de confronter nos veilles et nos analyses au sein de ces “objets web non identifiés”, conçus et animés ensemble.
La Team Owni
(extrait du message envoyé hier aux auteurs et contributeurs des deux vaisseaux /-)
Posté le 15 août 2009
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Un cheminement politique est toujours le fruit d’une histoire, de rencontres, de lectures, d’intuitions et de doutes.
Mon chemin politique personnel commence baigné dans un Gaullisme paternel critique et se poursuit jusqu’à plus de 20 ans entre punks, rastas et hédonistes aux épaules de rameurs de l’Atlantique au Pacifique.
J’ai grandi entre Périgord, Antilles, Polynésie, côte française puis néo-urbanism-bobo-technoïsant. Etant farouchement engagé politiquement bien qu’abstentionniste, non encarté et méfiant envers toutes forme d’autorité décrétée sans réel soucis de loyauté, j’ai pu être “accusé” de centrisme, d’utopisme, de “marginalisme”. On m’a dit “blogueur de gauche”, patron de droite, sauvageon insyndicable, technophile patenté (en un seul ou en deux mots) et adepte d’une démocratie et d’une économie participatives dont la seule évocation renvoi à quelque bravitude les rendant caduques dès leurs énoncées (les SEL et AMAP démontrant pourtant le réalisme de telles solutions).
L’été de mes 31 ans, nourri comme chaque trêve estivale de lectures politiques, aura était celui d’un “coming-out”, ou plus exactement d’un éclaircissement. C’est celui-ci que je m’apprête à partager. Une sorte d’insurrection intérieure. Contre mais aussi avec, une éducation (judéo-chrétienne) dont je ne renie rien, un parcours bronzé et des évidences métissées, un système, un air du temps. Une rebellion qui n’assume son nom qu’à condition de se nommer clairement : “la plupart de nos erreurs consistent en cela que nous ne donnons pas correctement leur nom aux choses” (Spinoza)
Je suis un Anarchiste !
Mais qui ici sait réellement ce qu’est l’anarchisme ? Mes sens, mon essence, mon chemin de vie m’ont convaincu de la pertinence d’un anarchisme rationaliste et humaniste, écologique - voir bio-logique, ma primo-intuition adolescente - et technologique, fédéraliste et relocalisé bien que global (dans son aspiration et le périmètre de son inspiration) individualiste mais collectif (”bottom-up”, on y reviendra), syndicaliste et économique (et non socialiste, mot dont l’étymologie elle-même est un mensonge), libertaire, forcément libertaire voire en certains points libérale si l’on entend ce terme à son sens premier, mais aussi démocratique et républicain.
Oui, la “chose publique” et le “pouvoir au/du peuple” sont parties prenantes fondamentales de cette réflexion, tout comme la quête de loyauté, qui tend à promouvoir et à défendre une croissance des libertés, de l’égalité et de la fraternité - dusse-t-elle être solidarité par pragmatisme ou par défaut - c’est à dire une forme satisfaisante et jusqu’ici jamais atteinte de justice sociale (ou d’une société juste).
L’anarchisme n’est pas le refus de l’Etat, de la propriété ou de l’autorité. C’est tout au contraire une haute exigence de justice en ces points précis en particulier. Et notamment concernant l’éducation ; une éducation qui forme et accompagne des individus libres, respectueux de la liberté d’autrui, capable d’évoluer et de se renouveler, dont l’indépendance intellectuelle serait la plus grande force, pas des travailleurs résignés et des techniciens au dos courbés. La possession n’est pas la seule propriété. L’Etat, enfin, peut être un rempart contre lobbys et multinationales aveuglées par l’appât du gain, toujours plus pressant - notre présent nous le rappelant avec insistance. L’anarchisme est aussi amour de la nature, de la culture, sans être - il est nécessaire de faire tomber deux-trois idées reçues à ce stade - une forme d’intolérance. Loin, très loin s’en faut.
Ni Dieux, ni Maîtres. Plus d’Être.
C’est Prévert qui conclue à sa façon cette sentence : “plus d’être”. Et à raison. Contre les dérives du marché et celle d’un capitalisme d’inégalité croissante, contre les bureaucraties, rouge, rose, blanche ou bleu, quelque en soit les dégradés, contre un centralisme jacobain stérile et abscons, chez nous diablement excessif, quand il n’est pas tout simplement suicidaire et nauséabond. “Le pouvoir est maudit. Voilà pourquoi je suis anarchiste” clamait Louise Michel.
“Il y a d’autres ordres possibles que celui qu’impose une autorité” précise Normand Baillargeon dans une lumineuse somme de 200 pages, éditée et rééditée ces dernières années sous le titre “l’ordre moins le pouvoir, histoire et actualité de l’anarchisme” (Editions Agone, 4° édition disponible en librairie au prix de 10€ / nb: “l’ordre moins le pouvoir” est une formule que l’on doit à Léo Ferré. C’est une trop courte mais lumineuse définition de l’anarchisme).
Mais comment comprendre ceci sans admettre que le salariat est la forme la plus aboutie de l’esclavage ? Comment admettre cela sans s’avouer que l’on est victimes consentants d’une pseudo-dictature de pédants ?
L’ordre est la fille de la liberté. C’est l’atteinte aux libertés et à une forme d’égalité sociale vertueuse qui créé désordre, misère et conflits. L’ordre n’est et ne sera jamais mère de la liberté. Plus d’être… Opposez cela au “travailler plus pour gagner plus”, c’est regarder dans le blanc des yeux le consumérisme avéré de ceux qui nous gouvernent. Contre toutes nos traditions. Contre toute vision à long terme. Contre toute forme d’humanisme.
De Diogène à Internet écosystème.
“ôte-toi de mon soleil” s’écriait le sage qui nichait dans un tonneau en réponse à Alexandre le Grand qui lui proposait de lui offrir tout ce qu’il aurait pu désirer. J’ai le sentiment que nous, internautes, allons encore scander souvent cet impératif à ceux qui aspirent à réguler, encadrer, organiser, (gouverner ?) contre toute logique propre à cet écosystème qu’est le web, une toile bouillonante qui bouscule plus qu’il ne parait nos sociétés. Réseaucratie révélée ?
“Nous sommes tous des pirates” crièrent les internautes français face à la coupable Hadopi, brandissant drapeaux noirs et esprit de piraterie (une pitraterie qui renvoie à ces rebelles sans patrie qui annonçaient par leur drapeau qu’ils étaient prêt à en découdre jusqu’à la mort avec leurs ennemis) et face au déni de présomption d’innocence ou encore aux atteintes aux libertés fondamentales, chaque jour plus nombreuses.
Noam Chomsky - anarchiste contemporain et brillant esprit s’il en est - le dit à sa manière : il s’agit de “lutter contre ces nouvelles limites à la liberté, sans cesse mises à jour”. Il s’agit donc (Chomsky toujours) “d’identifier les structures coercitives, autoritaires et hiérarchiques de toutes sortes pour les examiner et mettre à l’épreuve leur légitimité”. Légitimité du pouvoir. Le mot est lancé…
Cela plaira aux internautes qui citent régulièrement Godwin (pour le “point” de son éponyme Mike), c’est en 1793, sous sa plume, que né le terme d’anarchistes (cf. Enquiry Concerning Political Justice). Plus tard, en 1922 “Umanità Nova” précise “nous voulons détruire le système qui rend possible le vol et le capitalisme”, en écho, intemporel, à Proudhom qui arrangait “la propriété c’est le vol”, sentence qu’il articulait avec ” Dieu c’est le mal”. L’excès révélateur de vérité ?
Suivant les conseils de Libertad (qui avait, cela ne s’invente pas, les deux jambes tronquées) nous mettons en pratique cet adage : “fais ta révolution toi-même”. Nous fomentons notre propre insurrection. Sans ignorer notre histoire commune. Internet est mère d’une anarchie renouvelée, endémique, hyperbolique, irrépressible.
De l’humanisation et de Bakounine.
Le Monsieur suscité part d’un postulat explicite : l’humanisation progressive de l’espèce est rendue possible par l’exercice de la raison qui découvre peu à peu les lois de la nature, fonde et rend possible la liberté, toujours plus grande (les spécialistes exigeants me pardonneront la raccourci utilitariste).
Ce qui anime Bakounine, est une idée que peu disqualifieront ici : à l’inverse du modèle dominant de démocratie représentative, l’organisation devrait se faire de bas en haut (bottom-up) par démocratie directe, les individus se fédérant librement. Des fédérations d’individus aux communes - celle de Paris fut un exemple remarquable à ce propos - des communes aux provinces, des provinces aux nations, de celles-ci aux nations-unies et à l’Europe (…) ce n’est pas les strates du millefeuille que redécoupent ceux qui mettent l’humain et son épanouissement au coeur de leur réflexion, mais un renversement de la fluence dans cet écosystème d’interdépendance et de complexité croissante : “bottom-up”, on vous dit !
Tout autre chemin tend à l’oligarchie et à la servilité, quand ce n’est pas directement à la dictature ou toute autre forme de fascisme. Ceux qui en doutent reliront leur manuels d’histoire…
De la solidarité sociale et des Hommes Libres.
Vous avez aimé la sécurité sociale, pleuré sa faillite, dénoncé son abandon ? alors battez vous pour la solidarité sociale. C’est elle et elle seule qui permet la liberté. Egalité et fraternité ne font que s’articuler à partir de celle-ci, l’une permettant l’autre, et ainsi de suite (un certain béarnais de nos contemporains n’écrit pas autre chose dans son dernier opus, soit dit en passant). “la loi naturelle au sein des espèces est avant tout une loi d’entraide et de coopération” (Kropotkine, revisitant Darwin).
Kropotkine va plus loin : “plus il y a autour de moi d’hommes libres, plus grande est ma liberté”, dit peu ou prou l’anarcho communiste et scientifique qui fut Prince à sa naissance, arrivé à l’anarchisme via les “horlogers libertaires du Jura” (lire : Ethique, œuvre inachevée parue en 1922, un an après sa mort). Thierry Crouzet - qui lui est bien vivant - rajoutera que ce monde de complexité et d’interdépendance croissante nous invite à rebattre les cartes. Ce auquel je “plussois”.
Je rajouterai à cette approche celle d’Henry David Thoreau qui théorisa mieux que nombre de ses successeurs la désobéissance civile. Lui était un pacifiste féroce. D’autres auront l’action directe plus violente ; une action directe inséparable de l’engagement anar à travers les ages. Debord, enfin, explique combien la “société du spectacle” (1967) saura tirer profit de ces penchants pour conditionner représentation et perception du réel afin de plonger dans la naphtaline les sursauts essentiels jusqu’ici tués dans l’œuf par fabrication de consentement des masses, plus systématiquement encore que par toute autre forme d’endoctrinements. L’omniprésidence actuelle en joue puissamment (propagande, persuasion, accélérations, glissements sémantiques…). Tarnac pourrait en être une fable efficace.
Elections, Pièges à Cons ?
Octave Mirbeau, comme plus tard les situationnistes (Debord toujours et “l’imagination au pouvoir”) ont un sens de la formule qui n’a rien à envier aux fabricants de slogans et autre publicitaires que tous ici reconnaîtrons aisément sans que l’on ait à jouer au “name dropping”.
Je suis embarrassé avec cette sentence de Mirbeau et me sens plus proche d’un Chomsky pointant du doigt de “vastes institutions de tyrannies privées” qui échappent à tout système ou contrôle démocratique (Naomi Klein a beaucoup travaillé ces notions également et Obama de se confronter à ce jour au poids de ces lobbys). A ce titre, si je dénonce vivement l’élection d’un roi républicain au suffrage universel direct qui ressemble d’avantage à un championnat national quinquennal de promesses, je ne renie pas tout de l’approche de Keynes (à relire) voir - cela en étonnera plus d’un - d’Adam Smith, dont les livres d’histoires n’auront retenus que la dévastatrice influence destructrice de services publiques et de déréglementation ainsi qu’un mythe du marché “parfait” autorégulé (que je dénonce vivement) oubliant bien vite son exigence d’éthique.
Face à cela, nationaliser n’est pas la solution. Socialiser, oui. Face à cela, le renoncement politique n’est pas une option. Face aux inéquités croissantes, seul le combat se justifie. En y mettant les mots justes. En dénonçant les maux iniques. En sachant rire et réinventer ludicité et lien social. En sachant s’offusquer, se rebeller… Et raison garder.
Le nihilisme n’est pas et ne sera jamais une solution. L’humour anglais nous fournit à ce propos cette sentence : “face à toute les solutions, l’administration propose des problèmes”. Faut-il s’y résoudre ? Cette même fulgurance toute britannique ajoute également qu’Internet “propose plus de solutions qu’il n’y a de questions”. Réfléchissons-y sagement. Il y a là la trame de lendemains plus humains. Bio-logiques et technophiles, à n’en pas douter.
Nous n’irons pas pour vous mourir au front !
Soyons, à l’instar de Duchamp, des “anartistes”. Ou plus ambitieux et jusque là inédit, des “anarnautes”. L’anarchisme a toujours voulu qu’on porte le regard vers l’avenir et vers l’inconnu. Qu’attendons-nous ? L’efficacité n’est pas l’ennemie de l’équité. Et rien plus qu’équité, loyauté et raison ne sont de nos jours mis à mal par des pouvoirs illégitimes ; ceux d’une économie financiarisée plus encore que quelque politique dévoyée que ce soit.
Le renoncement tue. A consommer, donc, avec modération… Et imagination. Tenez-le vous pour dit : l’anarnaute n’est pas de gauche, alter, ailleurs, ethonocentré, lobotomisé, caduque et encore moins docile. Il se pourrait même qu’ils soient adroit, tétu et armé. On l’a déjà vu ici, Internet est une arme. La lucha sigue…
Ce n’est pas la fin de l’histoire qui se poursuit, c’est la renaissance que l’on persécute. C’est la résistance féconde qui est à réinventer.
Nous n’irons pas pour vous mourir au front. Nous y vivons. Critiques. Constructifs. Pédagogues. Autonomes. Authentiques. Émancipés. Dignes. Et en nombre. Dans le seul culte de la justice, de la vérité et du respect humain (par opposition au culte divin). Nul n’imposera durablement l’ignorance, pas même par l’éducation ou quelque superstition que ce soit.
La science, l’histoire, la raison et l’espérance nous guident.
A l’instar de Normand Baillargeon, c’est à Chomsky que je laisserais ici le mot de la fin : “Je veux croire que les êtres humains ont un instinct de liberté, qu’ils souhaitent véritablement avoir le contrôle de leurs affaires ; qu’ils ne veulent être ni bousculés ni opprimés (…) et qu’ils aspirent à rien tant que de s’engager dans des activités qui ont du sens (…). Il s’agit essentiellement d’un espoir au nom duquel on peut penser que, si les structures sociales se transforment suffisamment, ces aspects de la nature humaine auraient la possibilité de se manifester”.
Le son des mots ne peuvent effacer les leçons des choses.
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Que l’on ne s’y méprenne pas, ce que beaucoup, dont le valeureux Paul Jorion dont je suis un fidèle lecteur nomment “anarcho-capitalisme” est un leurre, issu de l’Ecole de Chicago (Lira N. Klein, la Stratégie du Choc) et qui n’a absolument rien à voir avec la remise en cause des autorités illégitimes que défend l’anarchisme. A ce propos, et puisque l’on parle idées reçues, chaos et nihilisme, Marmol insistait sur “un anarchisme sans qualificatif”, que Chomsky définie globalement comme “cette tendance, présente dans l’histoire de la pensée et de l’agir humain, qui nous incite à vouloir identifier les structures coercitives, autoritaires et hiérarchiques de toutes sortes pour les examiner et les mettre à l’épreuve de leur légitimité”. Voilà, si vous voulez m’enfermer dans une case, ce sera donc celle-ci, définie comme ci-avant… Et à ce titre peu éloignée de l’esprit de la révolution française (et donc de la déclaration des droits de l’homme) ou de celle, bien plus contemporaine, d’objecteurs de croissance, avec ou sans nez rouge /-)
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