Posté le 16 mai 2010
Classé dans Hors du temps |
4 Commentaires
L’avant-dernière fois que la Grèce est tombée, elle a (mal) finie intégrée à un empire plus puissant. Nous étions en 146. L’empire était romain. Quand celui-ci à son tour chuta, ce fut à cause d’une crise financière (les historiens sont partagés mais le principal élément de causalité objectif est celui-ci - on parle d’ailleur “d’effondrement du système financier“, la notion de “crise” étant tout sauf appropriée, ici déjà).
La dernière fois que la Grèce est tombée - en ce moment-même - elle fut le premier domino de la chute d’une utopie, celle d’une Europe non gouvernée, composée d’Etats qui avait renoncé à leur droit d’émission de la monnaie mais s’étaient endettés au delà de l’entendement. La réponse hérétique des états concernés fut un plus grand endettement encore, de l’argent acheté cher, revendu hors de prix, et qui ne sera jamais remboursé, sous toute vraisemblance.
No Present
Ces circonstances rocambolesques auront leurs pages dans les livres d’histoire. Imaginons un premier chapitre “crise politique” a posteriori flagrante, un second “crise économique et effondrement du système financier”, et dans le pire des cas un troisième volet “crise sociale”. Dans le meilleur des cas imaginons une ouverture : “un ébranlement salvateur”. Qui y croit ? Qui en voit les signes ?
Un jour vous vous réveillez et vous devez huit mois à plus d’un an de travail. Tous. Tout le monde. Un jour - à moins que tous les Etats du monde (en se donnant la main - c’est dire si c’est probable) se déclarent ensemble unanimement en faillite afin que l’on renonce à toute dette - une sombre nuit donc, vous vous rendez compte que ceux qui nous dirigent, sous notre propre pression et celle de leur couardise, ont géré nos deniers comme un junky punk traiterait son jardin.
No Future
Ce n’est plus la maison qui brûle - et Dieu sait qu’elle brule, qu’elle est en éruption, de cendre comme de fossiles visqueux - ce sont nos poumons que la fumée emplie. Et loin d’étouffer, nous toussotons, violemment en Hélénie, doucettement et en trinquant en Gaule et en FBML. Sans lendemain. A l’image des décisions quotidiennes prises en hautes sphères.
Rien n’indique que des mesures à la hauteur de l’état de délabrement des économies de l’essentiel des démocraties seront prises. Rien.
Rien n’indique donc que le monde tel que nous le connaissons résistera longtemps au tragique principe de (cette enfoirée de) réalité.
Rien, et pourtant quelque chose, de l’ordre du dérisoire, de l’inconscience ou de la candeur ambiante - peut-être de la connerie - laisse penser que tous s’en foutent. Vous. Nous. Tous.
Cela a beau faire plus de cinq ans que je m’évertue à le graver ici dans quelque mémoire pour le moins virtuelle, ce soir c’est avec un frisson inquiet que je finis ce billet.
La prochaine fois que la Grèce tombera, on en reparlera.
–
La semaine passée j’ai pris le temps de regarder la série de documentaires recolorisés “Apocalypse” (diffusés sur France2 et disponible en streaming VOD ici pour Mac et PC). Il y a 70 ans, tout juste, ici, partout, c’était l’enfer. Comme à chaque fois il aura suffit d’aveuglement et d’iniquité pour conduire au pire.
–
Posté le 13 avril 2010
Classé dans Hors du temps |
3 Commentaires
4 mois. Les oreilles en choux et les orteils en groseilles. 4 mois et cette nuit entre les mains de blouses blanches. Tout sourire et presque sérieuse. Salut Gamine.
2010. Un monde bousculé et qui ne le sait pas, par une lame de fond qu’il ne voit pas. Les autres disent que c’était mieux avant. L’espérance de vie a pourtant augmenté de plus de 20 ans en un demi siècle. Et les inégalités croissantes…
On triche. Pas seulement chez ces gens-là. Partout. Tous. On triche. L’insurrection ne vient pas, non, mais l’amour est bien là. Nul paradis virtuel, artificiel, atemporel. le bonheur c’est toi.
On s’aime. Mal, ou mieux que mal, on construit, bien, ou plus loin que bien. Parfois jusque toi.
Etre vivant, c’est être le gentil animateur et le prospectiviste avisé de destinées qui vous échappent. Puisse la tienne échapper à son époque, jamais à son essence.
T’es née libre, gamine.
Papa.
Posté le 21 mars 2010
Classé dans Image du jour, Politique, Riposter |
13 Commentaires
Cher Nicolas,
Dans quelques heures les jeux seront fais. Autant dire que du déni de réalité il faudra que tu aies fait le deuil. La France n’est pas seulement un pays de fourches et de barricades, comme tu semblais le redouter, non, c’est un pays de citoyens stratèges, qui portent haut l’idée d’un service public et de plus en plus bas le sévice public qu’est la permanente exposition de ta personne, de ton oligarchie et la fragrance obscène de mensonges toujours tenus qui vous entoure.
“Le seul modèle qui tienne est celui de décroissance des inégalités”
J’ai le bonheur d’avoir fait des choix de vie qui me permettent de me nourrir longuement de ce qui se dit, se pense, se RT et se Share sur les réseaux (pas les franc-macs marronniers de kiosques, non, les vrais, ceux qui connectent un quart de l’humanité). C’est sans doute à ce titre que j’ai l’honneur d’être convié au Château cette semaine, hors de tout évènement mondain. Tu vois Nicolas, je n’en fais ni un plat ni un secret, je joue par contre la transparence. Ici c’est toujours ainsi que l’on agit. Pas une loi, un “usage”.
C’est un autre Nicolas avec qui j’aurais l’honneur de déjeuner - et quand je dis “honneur”, ceci n’est pas cynique, je ne pense rien de mal de quelqu’un que je ne connais pas. Ce Nicolas qui pour toi écoute et lit ce qui se dit et se joue sur le réseau global, de toi, de ta politique, de tes tics ou de tes tares, n’a pas le boulot le plus aisé du monde. Non. Là, sans doute, à l’heure où je t’écris (t’imagines, 3 mois sans écrire et un billet rien que pour toi
) cet autre Nicolas doit entendre Loler le réseau. Car le réseau lol (dans 10 ans le verbe “rigoler” aura été remplacé, tu verras) et il lol du mésamour grandissant dont tu n’es pas simplement la cible mais, évidement, la cause.
Si je t’écris, donc, Nicolas, c’est afin de t’inviter (à mon tour) à te poser en cette veille de 22 mars - une date qui m’est chère - la seule bonne question qui vaille : de quoi va-t-on se souvenir ?
Tu entres, avec un tantinet de violence, il faut l’avouer, dans la deuxième partie de ton quinquénat. Fais-toi à cette idée, ce sera le dernier - et ton talent n’y pourra rien tant la crise sera longue et sévère. Ce qui se joue pour toi, pour nous, pour moi, durant ces 2 ans et qui puisse dépendre de quelque choix que tu ferais - tu as beaucoup moins de pouvoir que ta cour ne veut te faire croire - tout cela est question de mémoire.
Tu m’entends Nicolas : tout, à compter de cette heure, pour toi, pour nous, n’est plus question que de mémoire. Et parole d’internaute, la mémoire n’est pas loin d’être tout, qui plus est quand on a trop longtemps pointé l’instant, du doigt tendu.
Ce que nous garderons en mémoire de toi, à ce jour, c’est une erreur historique, une stupidité inique. Tu l’as nommée bouclier et fêté au Fouquets. On fait difficilement plus inapproprié. Ecoute Atali, tous les 10 livres il dit des choses précieuses, ce doit être de même pour les conseils qu’il te donne.
Cesse de lessiver le service public. Calme le pas. Regarde au centre et souviens-toi ce que disait un vieux béarnais que je connais bien : le seul modèle qui tienne est celui de décroissance des inégalités.
Ton modèle de gouvernance, ton modèle de vie, ton modèle philosophique, Nicolas, c’est celui des inégalités croissantes. Voilà. En conséquence, tu es maintenant seul, au bord de la rivière. Prends le temps, regarde passer les corps et porte attention à ce reflet dans le courant. Pense à demain (c’est pas si loin). S’il est bien une retraite qu’il te faudra sauver, c’est aussi la tienne.
La France n’est pas rose, Nicolas. Elle est noire, insoumise face aux pouvoirs illégitimes (on nomme ceci l’anarchisme) et dégoutée face à l’exercice que tu en as fait, du pouvoir (on appelle cela le principe de réalisme). Depuis des mois je répète à qui veut l’entendre que ce 22 mars sera le premier jour de la fin de ton règne. Comme souvent je vais sans doute me tromper. Ce coup-ci, je tenais à te faire partager ce regard, fut-il demain avéré erroné.
–
NB: Je peux collecter quelques origamis et commentaires que vous souhaiteriez également destiner au sieur du château. A moins que cette bafouille ne nuise à ce déjeuner. Je vous promets de vous en tenir informés.
PS: ah! oui. Et à Nicolas Princen : enchanté de faire ta connaissance - même en ce contexte.
–
Image du jour via #unpeutoutlemonde (paternité recherchée
)
Posté le 28 février 2010
Classé dans Hors du temps, Weblogs |
4 Commentaires
“Quand on n’a que le web à s’offrir en partage au jour du grand voyage qu’est notre grand dessein, quand on n’a qu’Internet, son réseau, toi et moi, pour qu’éclatent de joie chaque heure et chaque jour, quand on n’a que le web, pour vivre nos promesses, sans nulle autre richesse que d’y croire toujours, quand on n’a qu’Internet pour meubler de merveilles et couvrir de soleil la laideur des faubourgs…
Quand on n’a que l’échange, pour unique raison, pour unique chanson et unique secours, quand on n’a que le libre pour habiller matin pauvres et malandrins de manteaux de velours, quand on n’a que du flux à offrir en prière pour les mots de la terre en simple troubadour…
Quand on n’a que le partage à offrir à ceux-là dont l’unique combat est de chercher le jour, quand on n’a que des url pour tracer un chemin et forcer le destin à chaque carrefour, quand on n’a que le blog pour parler aux canons et rien qu’une note pour convaincre un tambour, alors sans avoir rien que la force de nous connecter nous aurons dans nos mains le monde entier.”
Ode au Creative-Commons, à l’Open-Source, aux Social-Medias (et au HTML5?) imaginée par Jacques Brel et remixée par mes soins
[ouai, back :)]
Posté le 20 décembre 2009
Classé dans Hors du temps |
8 Commentaires
… Depuis 14 jours et toutes les semaines que la vie me donnera, je penserai à cet instant fait de la matière dont on ne livre que l’écume et ne nomme que rarement l’essence. Eva a kidnappé beaucoup de mon temps partagé online.
Ceci n’est pas un post. Ceci est une encre. Numérique. De ce qu’il y a de moins virtuel. La maman, la princesse, le papa, vous embrassent /-)
Posté le 22 novembre 2009
Classé dans Hors du temps, Talent croisé |
5 Commentaires
Il est des chansons dont vous savez vite qu’elle marqueront un moment fort de votre vie. Merci à Charlotte Gainsbourg (sublime) et Beck pour celle-ci.
Posté le 2 novembre 2009
Classé dans Hors du temps, Médias, Weblogs |
12 Commentaires
C’est ainsi. Vous bloguez depuis plus de 5 ans, y avez consacré votre vie, votre métier, votre temps et un jour en vous retournant, vous constatez le pire: vous n’avez pas blogué depuis près d’un mois!
C’est alors [toujours] que surgit le meilleur: vous n’avez jusque-là ni décidé ni encore l’intention de fermer votre blog. De toute façon “les blogs c’est mort” 20 fois et le votre n’a jamais cessé de naitre… Vous non plus. Vous avez par contre commencé à vieillir - mais c’est une autre histoire
Ceci est donc un blog, vivant, le blog d’un gus qui en a fait sa vie au point d’avoir tellement-de-moins-en-moins de temps que ce blog lui-même n’est plus assez actualisé. Mis a(u) jour.

Pire, après une ‘tite boite qui va fort (à se battre on avance /-) c’est une crevette qui s’annonce. Elle a déjà son NDD, ses NDDsociaux et depuis quelques jour, une chambre. C’est vous dire que le papier peint, l’IRL, a pris de la place sur celle squattée par le HTML & l’URL !
Pendant ce temps des projets fous subsistent au milieu de jungles médiatiques paupérisées et autres infobésités assassines ; d’autres pointent leur nez… On reparlera #Curatoring, #LinkTV et #JournalOnDemand ici. C’est promis.
C’est écrit.
–
[image]
Posté le 27 septembre 2009
Classé dans Hors du temps, Médias, Riposter, Weblogs |
6 Commentaires
Posté le 1 septembre 2009
Classé dans Image du jour, Riposter |
28 Commentaires
66,6 % d’entre-nous n’ont pas d’amis ? Ou pire.. ils ne leur ont rien dit ?
–
(tweet transformé en billet. Il est important que le monde sache : IE = c’est mal /-)


















