Posté le 16 juillet 2008
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On peut trouver odieux le cadeau de plus de 15 milliards fait au plus riche au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. C’est mon cas. On peut trouver d’un cynisme absolu sa politique étrangère compte tenue de ce que furent ses promesses. Comme disait Chirac, celles-ci n’engagent que ceux qui y croient. Il peut insupporter pour bien des raisons subjectives et plus ou moins défendables, mais rien n’est aussi grave que ce “signal faible”, le mot l’est dans son retentissant silence médiatique, qu’est l’aggravation soutenue de la dette publique (sans même parler de celle du commerce extérieur, de près de 5 milliards d’euros, quand celui de l’Allemagne accentue ses parts de marché à près de 9% du commerce mondiale).
Dette publique.
Rien que l’expression raisonne comme un marronnier dont l’essentiel des français n’ont à peu près rien à foutre. Pardonnez moi l’expression. L’heure est venue de passer de la pédagogie centro-libérale à une guerilla en bonne et due forme.
La dette publique de la France correspond à l’ensemble des engagements financiers, sous formes d’emprunts, pris par l’État, les collectivités territoriales et les organismes publics français (entreprises publiques, sécurité sociale). Voilà pour la pédagogie.
20 000€ par français.
80 000€ par famille “moyenne”. Une dette multipliée par plus de 5 en à peine 25 ans. N’allez pas dire “l’Etat paiera”, l’Etat, c’est nous. Les postes d’enseignants non renouvelés, les hôpitaux fermés, les casernes et autres services publiques défaillants ou en cours de démantellement sont les seules solutions mises en œuvre. On y reviendra. Populisme ? ça va hein, on l’a assez entendu cette rengaine. D’autres le sont bien plus dramatiquement en se faisant élire sur des promesses auxquelles ils ont renoncés dès le lendemain, ne gouvernant qu’au doigt mouillé ou pour servir des intérêts particuliers.
La dette publique en France a encore augmenté au troisième trimestre 2007 et le recul promis pour l’ensemble de l’année n’aura pas lieu. Cela pèse sur les dépenses publiques (poids des intérêts), cela réduit l’épargne disponible, donc l’investissement productif, et cela transfère aux générations suivantes une charge intolérable, parce que la génération au pouvoir aura refusé de faire les réformes qui s’imposaient. Faut-il être plus explicite ?
La dette publique totale (à ne pas confondre avec le déficit public, lui aussi en croissance) représente près de 65% du PIB, c’est à dire des “richesses” (un accident de la route est une “richesse” en ce sens) produit par l’ensemble des français. Nos engagements européens nous obligeraient à être en dessous des 60%. Doux conditionnel…
Etat en faillite ?
Comme l’avait fait remarquer le rapport Pebereau, à 1250 milliards d’euros, ce n’est que la partie visible de l’iceberg : l’essentiel de la dette sociale, celle des retraites des fonctionnaires, qui ne sont pas provisionnées, répartition oblige, et qui sont donc payées chaque année par les contribuables, s’élève à une somme presque équivalente, ce qui porte la dette publique au-delà de 2 000 milliards - sans doute plus près de 2 500 milliards.
Une idée à elle seule donne le vertige : les intérêts de la dette correspondent approximativement à la totalité de l’impôt sur le revenu perçu (contre un tiers en 1980). Le remboursement des intérêts coûte près ou plus de 50 milliards par an… soit 20% du budget de l’Etat français, le deuxième poste budgétaire !
Le pire reste à venir.
En guise de solution, aucune autre idée que la baisse du nombre de fonctionnaire (plus gros poste de fonctionnement du budget de l’Etat) n’est de toute façon envisagée - ce matin on apprenait que le nombre de “non remplacements”, vive les euphémismes, dépassera 30 000 fonctionnaires cette année ! Ce démentellement en règle du modèle français sera accompagné de la privatisation (braderie) “d’actifs publiques non stratégiques”. Bientôt les armées, l’energie et la protection sociale passeront dans le domaine marchand. Entre autres…
Rappelons que le dernier budget de l’Etat excédentaire en France date de 1974. Je n’étais pas né. Reste que si l’on ne peut pas reprocher tout et n’importe quoi à notre actuel gouvernement, il est cependant en train de creuser ce déficit à une vitesse rarement atteinte. Entre 2003 et 2007, écrit la Cour des Comptes, que l’on peut difficilement taxer d’antisarkozisme primaire, “la dépense publique a été réduite de 0,9 point en France, contre 4,6 en Allemagne, tandis les recettes publiques ont baissé en France de 0,6 point, alors qu’elles augmentaient de 0,3 point dans les autres pays de la zone euro”. Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy a “dilapidé les rares ressources disponibles, alors que la conjoncture ne le nécessitait en rien. Et pour des résultats nuls”. CQFD ?
Après tout notre Président comme notre ministre de l’Economie étant des juristes, ils ne seront pas dépourvus de “ressources”, eux, lorsque l’hiver sera venu…
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Pour suivre en direct cette course vers chez le faillitaire, vous pouvez vous rendre ici…
NB : et en face ? Près de 10.000 milliards de dollars pour les Etats-Unis. Le montant de la dette publique américaine donne le vertige. L’augmentation de son niveau a été flagrante sous l’ère Bush : +55,3% entre 2001 et 2007. Une marque de fabrique “néo-con”…
PS : 40 millions d’euros pour Tapie, une majorité qui se rie d’effractions à répétition contre l’une des leaders (contestée) de l’opposition - et j’en passe. A croire qu’un WaterGate est impossible en notre bon pays. Gloire soit rendue aux fraudeurs (à l’argent rois) et aux manœuvres de bas étages…
MAJ > Très bon papier, une fois n’est pas coutume, sur Libé ce matin.
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7 commentaires sur l'article “Dette publique : le plus grand échec de Nicolas Sarkozy s’écrit en rouge !”
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juste pour info, sur la dette il y a un très bon papier dans le monde diplomatique de juillet 2008, par Tinel et Van de Velde. L’intéret de ce papier c’est de remettre en cause la panique autour de la dette de l’état que les hommes et femmes politiques s’ingénient à insinuer pour faire passer leurs décisions de “casse” des acquis sociaux. En gros, quand on parle de dette on oublie que les citoyens français ont aussi des actifs qui compensent largement cette dette. Finalement, il n’y a rien de pire que de ne pas être endetté…j’imagine qu’un pauvre paysan du Sahel n’a pas de dettes à la naissance, mais il n’a rien non plus.
Et puis dans cet article, ils décrivent aussi l’utilisation de la dette via les obligations d’état qui permet de filer du fric aux gens qui ont de l’épargne en leur consentant des prêts… La dette n’appauvrit pas tout le monde en France…
Cette analyse est juste ! Elle ne peut cependant tenir que dans des limites acceptables (pour tous) qui plus est à l’heure ou quand un état emprunte, il rembourse (au secteur privé) avec des taux d’intérêt qu’il ne maitrise pas.
Ceci nécessitant un autre article, sur l’indépendance des Nations en terme d’émission de monnaie, qu’Etienne Chouard exprimerait mieux que moi… Tiens, je vais le lui commander
– content de te voir ici / je file acheter le monde diplo
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Inondation de la dette publique :
au lieu de multiplier les seaux et les serpillières, fermez le robinet !
Bonjour à tous.
À mon sens, l’abandon de la souveraineté monétaire est la source fondamentale de notre impuissance politique : les hommes savent depuis toujours que celui qui contrôle la monnaie contrôle la société. Dans l’ordre, c’est de la souveraineté monétaire que procède la souveraineté politique, et pas le contraire.
Et la garantie de notre souveraineté monétaire (ou au contraire son abandon !) est programmée dans un texte essentiel — et pourtant méprisé, c’est extravagant — : la Constitution.
Donc, pour moi, deux idées majeures se tiennent :
On ne récupèrera le contrôle de notre monnaie (et on ne viendra donc à bout du chômage et de la misère) que si nous imposons un processus constituant honnête.
Ces deux projets, monnaie publique et constitution protectrice, sont interdépendants.
Je vous propose ci-dessous un résumé (moins de 1000 caractères, avec deux liens seulement), mais ce sujet absolument décisif (pour tous les citoyens de la terre) mérite des approfondissements et je donnerai ensuite plusieurs liens utiles.
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Résumé de l’essentiel (méconnu) à propos de la dette publique :
En 1973 (en France), sans débat public —c’est Pompidou, banquier, qui était Président—, l’État s’est imposé à lui-même de payer des intérêts sur le financement des investissements publics.
Depuis cette date, la dette publique ne fait que croître.
Voyez “La dette publique est une affaire très rentable, mais pour qui ?” : http://tinyurl.com/5jrxyx
Cette loi de 1973 — qu’une autre loi pouvait encore défaire — a été ensuite verrouillée au plus haut niveau du droit (et donc rendue inaccessible de fait à toute révision) par l’art. 104 du traité de Maastricht (1992) qui interdit, lui aussi, à la BCE de prêter aux États (ce qui leur permettrait pourtant de ne pas subir la charge des intérêts).
LA bonne question que tous les citoyens — et tous les (vrais) journalistes — devraient poser aux “responsables” de l’État est donc celle-ci :
Quelle est la légitimité politique, quelle est même l’efficacité économique de ce hara-kiri monétaire ?
Voyez “Les représentants élus pour gouverner n’ont pas de légitimité à priver la puissance publique de la souveraineté, ni politique, ni monétaire” : http://tinyurl.com/3mwb4q
(Fin du résumé)
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CONSEILS DE LECTURE pour approfondir les points importants de ce débat :
==> Sur la monnaie :
• Voyez ce fil important du blog : « Non, ce n’est pas « trop cher : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant »… :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/05/01/72-non-ce-n-est-pas-trop-cher-le-financement-des-besoins-collectifs-est-rendu-sciemment-ruineux
• Voyez aussi cette importante discussion du forum : Reprendre le pouvoir sur notre monnaie : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=81
• Voyez aussi ce texte important, simple à comprendre et fondamental :
-Vidéo « Money as debt » : http://www.lacausepremiere.net/accueil/index.html
-Transcription « La monnaie comme dette » : http://www.lacausepremiere.net/accueil/index.html
• Il faut absolument lire Maurice Allais, et notamment ce document exceptionnel : « La crise mondiale d’aujourd’hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires »
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.pdf
• La partie du blog de Paul Jorion consacrée à la monnaie est littéralement passionnante : http://www.pauljorion.com/blog/?cat=21
• Voyez aussi : http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=DettePublique
• et ne ratez surtout pas (last but not least) le site qui dénonce les faux-monnayeurs : http://www.fauxmonnayeurs.org/
==> Sur la critique des institutions européennes :
• Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.pdf
• Réponses soigneusement argumentées d’Étienne Chouard à Monsieur Bastien François :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Reponse_Etienne_Chouard_a_Bastien_Francois.pdf
• Lettre ouverte aux journalistes :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Europe/LettreAStephanePaoliEtBernardGuetta.pdf
==> Sur les points essentiels de la démocratie à surveiller :
• QUI est LÉGITIME pour ÉCRIRE la Constitution ? http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Aux_citoyens_d_ecrire_et_proteger_leur_constitution.pdf
• Élection ou TIRAGE AU SORT ? http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Tirage_au_sort.pdf
• Le coeur de la Démocratie : formation, expression et respect de LA VOLONTÉ GÉNÉRALE : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=84
• Les citoyens devraient pouvoir déclencher EUX-MÊMES des RÉFÉRENDUMS décisionnels : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=22
==> Sur les moyens de résister librement :
• Proposition citoyenne pour des Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen (MOCRIEs) : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/04/08/93-manifestations-obstinees
==> Bonnes pages du site du Plan C :
• LIENS et documents utiles : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Liens.pdf
• En VRAC : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.pdf
• WIKI-Constitution : http://etienne.chouard.free.fr/wikiconstitution/
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Voilà… Désolé de répondre par une avalanche de liens, mais notre réflexion progresse vite sur la Constitution et sur la Monnaie et je ne peux pas tout recommencer.
Par contre, si vous avez des questions, j’y répondrai volontiers.
Cependant, sur la monnaie et la dette, il faudrait que nos échanges se fassent là où ils ont commencé :
- sur le forum : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=81
- ou sur le blog : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/05/16/94-la-dette-publique-est-une-affaire-tres-rentable-mais-pour-qui
Amicalement.
Étienne.
Et, pour agir, librement et souvent, rejoignez-nous à http://www.cecri.info
Merci Etienne ; j’y reviens au plus vite.
@ Eric > J’ai acheté le diplo. Excellent papier effectivement. Ce que j’en retiens est d’abord que d’après les auteurs la dette n’est pas une tragédie. J’en conviens volontiers, je pense même qu’elle est nécessaire et d’autant plus dans les moments difficiles (pour ne pas dire “de faible croissance” car la notion même d’indice de croissance me pose un problème, de part sa définition, ou plutôt son périmètre). En cela, les auteurs le démontrent mieux que je ne le ferais.
Cela étant dit, les deux points essentiels de leur analyse ne se situent pas là selon moi mais dans l’idée que les solutions proposées pour y remédier (n’agir qu’en compressant les dépenses de l’Etat) sont en premier lieu ce qu’il faut dénoncer. Ce que je faisais également dans cet article. Ces politiques (celle notamment de l’actuel gouvernement) dites de “réforme” sont en réalité des oeuvres de dégradation des services publics, de sous investissement dans la sphère productive et de renversement des mécanismes de répartition des richesses, qui créént de la dette. Et de la mauvaise dette !
Le deuxième point fondamental de leur papier est de stipuler combien le fait que le taux d’intérêt soit passé au dessus de celui du taux de croissance soit déterminant dans la crise actuelle (depuis les années 80 en particulier). “il est en effet devenu plus intéressant de gérer son portefeuille de titre que d’investir dans la sphère productive (…) la rente a pris le pas sur l’entreprise” écrivent-ils.
Alors ? On baisse les taux d’intérêt, on tente de réduire la dette par d’autres procédés que la casse des services et infrastructures publics, on revient radicalement à une vrai progressivité de l’impôt et on investit massivement dans les PME ? Chiche !
Sauf que ce type de politique ne pourrait voir le jour ici qu’à l’initiative concertée de l’Europe, de la banque centrale et des Etats. On peut encore attendre
[…] nos marges de manœuvres en début de mandat (vers les plus aisés) ni “oublier” de réduire les déficits avant que l’hiver ne fut venu. Nous voila en crise économique aggravée pour plus d’un […]
A propos de dette publique
Voir le documentaire “L’argent dette” de Paul grignon
et jeter un oeil à l’article 128 du traité de Lisbonne (ex 144 du traité de maastricht)
http://www.eyeswideopen-over-blog.com
La Dette de la France n’existe pas !
« La réalité est que la dette publique française est d’abord due aux intérêts payés aux établissements financiers auxquels nous avons emprunté. Pourquoi ? Parce que la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973, puis l’article 104 du traité de Maastricht, ont ôté le droit de création monétaire à la Banque de France et livré la monnaie aux banques et sociétés d’assurance. La dette fin 1979 était de 239 milliards d’euros, fin 2008 elle s’établit à 1327 milliards d’euros, soit une hausse de 1088 milliards en 30 ans, pendant lesquels nous avons payé 1306 milliards d’intérêts ! » Cheminade oct 2009
Les citoyens doivent dire NON à l’austérité sociale que la pensée dominante veux nous imposer!
Afin de faire face à la colère qui vient! Afin de faire face à la logique destructrice du système ! Afin de faire face au mépris de la classe dirigeante, en montant sur la scène de l’histoire! Afin de rompre avec la règle du jeu!