Posté le 25 août 2008
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Si le baigneur d’Hawaï ne se prend pas trop les pieds dans ses tongs - comme se fut le cas sur la Géorgie - un jeune métis quasi inconnu il y a 5 ans fera son entrée le 4 novembre prochain dans l’Histoire. Et avec lui une génération, dite “du millénaire”, un modèle de république sociale favorable à un Etat Providence ainsi que le signe fort d’une Amérique soucieuse de son image de démocratie non soumise à la tyrannie des marchés (et des va-t-en guerre).
Une génération pragmatique. Après les “baby-boomer” consuméristes qui ont vu mourir le communisme, pâlir le socialisme et régner maintenant l’argent roi, la génération “du millénaire”, métissée (mais en aucun cas encore post-raciale) qui fait face aux inégalités et aux interconnexions croissantes est celle de la sixième extinction. Rien de millénariste dans ce point de vue, mais une donnée fondatrice : “nous sommes convaincus que nous vivront moins bien que nos parents”. Cette seule donne, ajoutée à l’attente de décennies de laisser-allé friedmannien vers le “tout marchand”, justifieraient amplement une victoire Démocrate. Saupoudrez cela d’une exaspération hors norme envers Bush et son administration et pimentez le tout du charisme du candidat retenu : vous avez-là un combat “imperdable”. Un échec serait un signe tragique : “ce n’est pas dans le processus démocratique que vous trouverez des réponses”, s’entendrait dire cette génération. D’autres voies existent, toutes dramatiques.
Vers une politique humaniste. Cette élection n’est pas différente des autres seulement par son casting. La santé, le social, l’éducation prennent le pas sur les valeurs. Vers “la réhabilitation de l’Etat providence dans les politiques publiques” (Paul Krugman - l’Amérique que nous voulons, chez Flammarion) ? Contre “les dérives du capitalisme financier mondialisé” (Corine Lesnes - Le Monde du 26 aout) ? Vers une politique qui place l’homme et le vivant avant les intérets courts-termistes ? Si rien n’est moins certain, à l’inverse, un échec serait une victoire asssurée des lobbies, des conservatismes et une promesse de course encore accélérée aux inéquités sociales et aux périls écologiques. Notre génération a besoin de politique plus que de religion…
Le déclin de l’idéal américain. La présidence américaine ne se gagne pas sur l’international. D’ailleurs, de coutume les candidats traversent à peine l’Atlantique pendant la campagne. Mais que Mc Cain et ses poissons pilotes reprochent-ils au beau gosse aux lunettes d’aviateur ? Son manque d’expérience et de maîtrise de ces dossiers internationaux. L’Amérique se fou de l’image qu’elle renvoi et ne pense pas à cela en votant, nous dit-on ? Pour la première fois peut-être, cet adage pourrait être écorné. A l’inverse, un échec d’Obama serait le signe d’une Amérique qui se referme sur elle-même au moment ou le monde entier l’attend, face à la monté de l’économie de marché sans démocratie, en Chine ou en Russie, et à la perte de repère des populations. Ce serait le signe, défunt, d’un changement de pôle à l’échelle mondiale. Et d’idéal.
Nous rappelons à ceux qui n’y auraient pas prêté attention que ce modèle, cette politique, cet idéal, qui sont en jeux ce sont les droits de l’homme et la démocratie sociale…
En cela, oui, une défaite de Yeswecan le 4 novembre - bien qu’aujourd’hui improbable, quoi qu’en disent les sondages diligemment communiqués - serait un très mauvais signe.
image maison
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3 commentaires sur l'article “Pourquoi l’échec d’Obama en novembre serait un très mauvais signe”
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En même temps, Obama est un très grand admirateur de Reagan et de Sarkozy, qu’il cite sans arrêt en exemples.
Alors il faut attendre de voir, avant de voir en lui l’homme de la politique humaniste contre le marché.
Reagan et Sarkozy, c’est pas vraiment l’hostilité au marché.
Dis-moi en qui tu te reconnais, je te dirais qui tu es…
[…] Que l’on soit de gauche, du centre, de droite, si l’on est républicain, on ne peut se réjouir de l’état de l’opposition française. Démontrer durablement que l’alternative politique ne peut être dans les urnes serait un très mauvais signe, ici comme ailleurs. […]
[…] m’y était aussi collé en pastichant cette affiche de Shepard Fairey , déjà devenue un classique […]