Posté le 27 août 2008
Classé dans Politique, Riposter |

C’est l’histoire d’un parti qui n’a jamais fait son aggiornamento. Un parti politique, français, qui a renoncé à la révolution et accepté l’économie de marché depuis 25 ans mais qui commence à peine à (se) l’avouer. C’est l’histoire d’un parti divisé sur toutes les décisions soumises au peuple comme au parlement (du référendum, à l’Afganistan). C’est l’histoire du deuxième parti politique français. Jusqu’ici. L’histoire, confuse, d’une force politique qui gagnait “tout” (seuls l’Alsace et la Corse sont “à droite”) mais qui ne savait plus gagner de grande finale : “Winner take all” auraient dit nos voisins d’outre-manche. Dans un régime présidentiel (voulu d’ailleurs par celui qui les a mené jusqu’à la déroute de 2002, Lionel de son prénom, via l’inversion du calendrier) qui plus est jacobin, gagner des matchs de deuxième division n’apporte que peu de pouvoir. Et le pouvoir, au parti socialiste - puisque c’est évidement de lui que l’on cause ici - tout son appareil n’est (plus) tendu que vers lui. Un pouvoir qui grise.
Le PS a plus de “leaders” potentiels que de propositions pragmatiques pour gérer le pays.
Après un an et demi d’un pouvoir concentré entre les seules main d’un homme qui divise, énerve, polarise et “droitise” le pays, le PS devrait être fort. Il devrait incarner, plus que l’opposition, l’alternative, un espoir d’une autre politique, plus juste, plus équitable, plus soutenable. Hors le Parti Socialise non seulement ne séduit pas, mais il s’oppose mal et se déchire quand tout autour vacille. Les français ont dorénavant peur de l’économie de marché, capitaliste, financière, libérale. Ils ne croient pas à la sociale démocratie. Et ils se sentent encore moins “socialistes”.
Pourtant une très grande partie d’entre-eux s’avoueraient volontiers “de gauche” si cette gauche incarnait autre chose qu’un parti moribond, un éditeur de tracts et un fabricant de slogans ou de cheffaillons médiocres. Je vais vous faire un aveux : celui qui écrit ces lignes serait fier de ce dire “de gauche” si cela n’avait pas, aujourd’hui, en France, déjà plus aucun sens.
Alors - forcément me direz-vous - d’autres s’organisent. Autour. Ailleurs. A la marge.
Du NPA de Besancennot au NPE de Cohn Bendit et consorts, du Modem au monde associatif, les défunts alters, les anciens cocos, les déçus d’Arlette et les insatisfaits de la lutte syndicale, les centristes “chrétiens” non-alignés et les néo-on-ne-sait-plus-quoi se réinventent un avenir. D’opposition. Le drame (”ma bonne dame”, dirait mon maraîcher) c’est qu’aucune de ces initiatives n’est, même potentiellement, majoritaire à ce jour.
De la bouche de l’un des leaders du parti Démocrate US - ceci est un “off”, un vrai - “le Parti socialiste français est incapable de gagner en 2012″. Alors qui ? Quelle autre offre, fut-elle nouvelle ou non, face à une droite hégémonique, hyper-capitalistique, qui s’est donné pour mission de défaire ce que le pays avait su bâtir de protection des plus faibles et de régulation des iniquités de niveau de vie* (une fois encore, le cadeau-sarko de l’été 2007 en est le meilleur exemple, favorisant la rente et les hauts revenus) ?
Je fais le pari - qu’entre nous soit dit je ferai tout ou presque pour perdre - que cette gauche “de gouvernement” n’aura pas su se réinventer dans les 3 prochaines années. Pas plus ses têtes que ses projets. Et les deux comptent. Si l’on veut “changer la France” en un sens différent de celui pris actuellement par nos dirigeants, il serait bien vain de ne se re-passionner pour la politique qu’à 12 ou 18 mois de la prochaine échéance présidentielle, comme systématiquement nous (j’inclus nombre de blogs dans ce “nous”) le faisons, mandat après mandat, campagne après campagne.
A défaut de prendre parti (l’expression figurée comme littérale font sens) il va s’agir de réfléchir.
Il va nous falloir proposer, s’affirmer, s’agréger à un élan, voir en initier d’autres. En 2012, le PS pourrait ne plus être le principal parti d’opposition en France. Et si l’alternative est ailleurs, il est grand temps de cesser de regarder passer les trains comme s’apprêtent à le faire nombre de militants, ce week-end, à La Rochelle.
Pour la première fois je n’irai pas à l’université d’été du PS des MJS. Ce défilé de prétendants ne me satisfait pas. C’est notre démocratie, sociale, solidaire, républicaine, libre, laïque et durable qu’il s’agit de repenser. En cela, le rôle de chacun, mais aussi celui des médias (et nouveaux médias) ou du monde associatif, sont cruciaux. C’est une guerre intellectuelle et d’influence qui se dessine et qui, si l’on baisse négligeamment la garde, nous dessimera…
* MAJ > on reviendra ici très prochainement sur le très intéressant RSA, son inédit financement - insuffisant - confirmé ce jour et sur l’absence totale de cohérence de la politique du résident de la république…
Commentaires
7 commentaires sur l'article “Quand le PS ne sera plus…”
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dommage tu aurais pu croiser l’un de nos nouveaux secrétaires fédérales Jeunes Verts
le samedi matin je crois…
pour le reste je suis “assez” d’accord
ton “assez” me fait sourire
Tu y vas, toi ?
disons que je suis à la fois pessimiste
sur le PS
sur les alternatives à côté : quid du modem, quid des écolos, quid de l’appel de politis, quid de NPA…
pour 2012
Mais si je suis pas assez optimiste autant arreter tout de suite
réaliste donc
mais plein d’énergie car c’est dans moins de 4 ans…
Sinon pour la Rochelle, non je n’y vais pas… Déjà pris
puis quoi je vais pas me méler à mes camarades MJS non plus hein , des oreilles à moi seront sur place
quid du modem ?
> Tout reste à faire. j’aurais espéré avoir une analyse plus enthousiaste un an et demi après sa naissance. Je ne suis pour l’instant pas catégorique : Corinne, Quitterie et Franz y font un boulot remarquable. Et Bayrou a pour lui d’être un leader incontesté (au sein de sa formation), populaire, constant et ouvert d’esprit. Lui faudrait-il maintenant savoir se rendre “influent” et “force de proposition” ? oui !
quid des écolos ?
> est-ce l’heure pour les Verts de se sabrer, comme le fait la LCR, pour un plus grand dessein ? je crois que oui. Les petits partis ne pouvant “imposer” de grandes idées, l’heure me semble être au(x) rassemblement(s)
quid de l’appel de politis ?
> je ne serais pas objectif si je te réponds, j’aime beaucoup ces personnes et le travail de fond qu’il réalisent malgrés vents, lobbying et marées… Est considérable.
quid de NPA ?
)
> cf “quid des écolos” (mais je reste très septique concernant une force politique qui refuse de participer un jour à un gouvernement, quel qu’il soit
Note : je reviendrai prochainement sur ce qui, selon moi, coûte le plus à notre démocratie : l’absence d’ascenseur à idées et à talent, qui nuit tant au pays, à ses forces vives et aux élans citoyens, vite et tous déçus… Mon “vieux combat” pour le pluralisme a nourri cette conviction
[…] que l’alternative politique ne peut être dans les urnes serait un très mauvais signe, ici comme […]
[…] de liste. Rien ne change, tout change. Les hollando-jospinien mênnent le bateau ivre vers une gauche plus-rien. La version 2012 de la gauche plurielle […]
[…] tête de liste. Rien ne change, tout change. Les hollando-jospinien mènent le bateau ivre vers une gauche plus-rien. La version 2012 de la gauche plurielle […]