Posté le 3 septembre 2008
Classé dans Politique |
Je vais essayer ici d’exposer un point de vue qui ne fera pas que des heureux à gauche au PS. Disons que j’ai le nez ces jours-ci dans la stratégie des principaux partis français pour 2012. Qui, eux, ont tous évidement aussi les yeux rivés sur ce calendrier. Hors le cas du PS mérite que l’on s’y arrête.

Voici leur cahier des charges :
- Sarko se représentera (sauf s’il est totalement grillé, ce sur lequel peu misent),
- L’extrême gauche sera haute,
- Bayrou peut espérer être dans les niveaux de son score de 2007.
Le seul moyen pour le PS ne se pas se prendre une gamelle historique en 2012 est de se mettre en ordre de bataille dès 2009 pour la présidentielle. S’il n’est pas évident qu’un premier secrétaire soit autre chose qu’un naturel futur premier ministre, il doit cependant, au moins, porter de tout son poids un présidentiable (une équipe) qu’il fédère. Deux possibilités donc :
- Le premier secrétaire est le “patron” d’une écurie leader dont le candidat logique est donc le chef,
- Plus simple sans doute : le candidat est le premier secrétaire, afin d’être plus audible.
Sans cela, le PS paraîtra et sera plus désorganisé que jamais, ne pourra ni rassembler autour d’un homme - d’une femme, d’un projet - ni même s’opposer efficacement.
Ils sont nombreux - ces petites voix anonymes - qui évoquent clairement l’hypothèse d’un schisme. Une Ségolène partant sous les couleurs de son désir d’avenir, une rupture avec le bloc de gauche, la tentation de la rue de l’université pour des quadras et des quinquas progressistes, l’attraction du pôle écolo…
2012 pourrait se gagner autour de 20% au premier tour, et non 25-30 comme en 2007 ou en 88 (pas plus tard qu’en 2002 se fut entre 16 et 19%). L’occasion pour Royal (ou un autre) de tenter le coup hors du PS en livrant bataille dès le lendemain d’un congrès perdu ?

La vraie question - et pardonnez le jeu de mot douteux - en 2012, n’est pas de savoir où sera le Parti Socialiste, mais où (et qui) sera le socialiste parti.
Je ne crois aucunement en une “union sacrée” Royal-Delanoë. Je ne vois pas du tout qui peut bousculer les barons parmi une hypothétique “relève générationnelle” ; ceci alors que DSK sortirait actuellement en tête des enquêtes d’opinion pour 2012. L’alchimie semble réellement impossible.
Les européennes de juin 2009, parce qu’elles sont plus représentatives de l’opinion du pays, seront un thermomètre de l’état des forces politiques. A ce moment-là se mettront en place les dispositifs pour 2012. Quelles seront les stratégies des partis d’opposition ? Face à une désespérance dans le “système public” et à des inégalités toutes deux croissantes, l’enjeu est de taille…
Que l’on soit de gauche, du centre, de droite, si l’on est républicain, on ne peut se réjouir de l’état de l’opposition française. Démontrer durablement que l’alternative politique ne peut être dans les urnes serait un très mauvais signe, ici comme ailleurs.
(titre inspiré d’un jeu de mot du Canard à propos de François Hollande / images extraites d’une affiche de Jaume Durgell)
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2 commentaires sur l'article “Le socialiste parti (ou l’inverse)”
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