Posté le 10 octobre 2008
Classé dans Politique, Riposter |
C’est Agnès qui le dit. Et comme bien souvent, Agnès le dit avec rage, justesse et talent.
Morceaux choisis…
“C’est pire qu’une crise, ce qui nous arrive, c’est une putain de récession, avec des millions de chômeurs, des boîtes qui ferment partout, des cantines compassionnelles pour pauvres et des SDF plein les rues des villes… comme d’hab’, quoi!”
“La vraie surprise (…) pour les loqueteux, ça aurait dû être de découvrir que l’argent qui manquait connement il y a quelques jours pour leur éviter de crever la bouche ouverte, cet argent aujourd’hui sort de partout pour colmater les dettes de jeu de ceux qui avaient pourtant déjà tout. Pas de fric pour l’école, la recherche, la santé, les retraites, les banlieues, les chômeurs, les fonctionnaires. Mais 10 fois, 100 fois, 1000 fois plus de fric, comme ça, au débotté, pour combler les fouilles des banquiers. Ça, ça devrait être la putain de surprise, la vraie leçon de la crise. Et où comptent-ils trouver tout ce pognon qui leur faisait si cruellement défaut quand on en avait besoin pour honorer de simples engagements de l’État devant les citoyens ? Ils hésitent : le livret A, le LEP… les petits bas de laine des gagne-petit. Plus une dette supplémentaire qu’il n’est plus subitement honteux de faire peser sur notre descendance.
La dette pour les investissements humains, c’est mauvais.”
“Le capitalisme, c’est comme les rasoirs Gillette : une première lame pour bien choper le pauvre et une seconde pour lui faire les poches. Puis une troisième, au cas où la seconde aurait oublié du pèze dans les coins inaccessibles.”
“ (…) vous n’en avez pas marre de vous faire dicter vos actions et émotions par les mêmes guignols, ceux-là mêmes qui ont rabâché sans rire pendant des années que le libéralisme et la dérégulation sont bons pour notre poil, qu’un bon citoyen est un citoyen qui se vautre comme un goret dans la consommation à outrance et à crédit, s’il vous plait, qu’il faut aimer les riches et les patrons, parce que ce sont eux les forces vives, eux qui créent la richesse, laquelle, si elle est assez abondante au sommet finira par ruisseler doucement jusqu’aux assoiffés parqués sous la table du banquet ?”
“(…) nous n’avons pas besoin d’eux et de leur système confiscatoire mortifère, alors qu’eux colonisent nos vies pour bâtir leurs fortunes. Pas besoin d’eux pour construire autre chose, ici et maintenant. Et les laisser dans leur merde.
Ce n’est pas une crise, c’est une révélation. Ce n’est pas le chaos, c’est la revanche du réel. Ce n’est pas la fin, mais peut-être bien le début.
Ils vont tenter de nous vendre au prix du sang leur monnaie de singe et leurs rêves de pierre, pour perpétuer le système. Le leur. Celui qui leur profite.
La vraie révolution, c’est de cesser de les croire, ne plus avoir peur et passer à autre chose, maintenant, ici et partout. C’est pour cela que l’âge de la critique se termine ici et que commence enfin l’âge de faire.”
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Alors oui, ça “chie dans le ventilo“. Et on nous prends toujours pour les dindons de la farce.
Gaston, y’a le Paulson qui son’ et… Y’a toujours person’ qui y répond ?
Vive les blogs…
> Le billet intégral d’Agnès / Le Monolecte : “ceci n’est pas une crise”
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Commentaires
2 commentaires sur l'article “La dette pour les investissements humains, c’est mauvais. La dette pour nourrir l’ogre financier, c’est bien !”
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[…] Si lundi les bourses dévissent encore, le pire sera alors irrémédiable. 10 ans de recession ? La soupe populaire pour des millions de citoyens […]
[…] Qui sert donc à quelque chose Note : Excellent Edito de Philippe Cohen et goût partagé pour la prose d’Agnès […]