[chermedia] Biblionautes, “on va marcher sur la Une”

Posté le 26 octobre 2008
Classé dans Médias |

L’avenir du métier de journaliste passe notamment par le linkjournalism et l’information en réseau. Ceci semble évident à qui suit la veille et les analyses de Narvic, entre autre prisme éclairant.

Le quotidien de l’activité de blogueur passe (de plus en plus) par du bookmarking (ou “social reading“) de la recommandation en réseaux ; soyons explicite : c’est de plus en plus une activité de documentaliste (bénévole).

> Petit à petit mais avec une célérité croissante nous devenons bibliothécaires.

Quoi, vous aviez enterré bibliothèques et piles d’ouvrages en bois d’arbre ? Vous étiez alors bien mal inspiré.

Ce sujet dont nous dissertons au quotidien, ici ou , prend aujourd’hui un tout autre aspect. Un peu comme si certaines questions n’avaient pas été posées auparavant.

- la bibliothécaire est elle destinée à faire des critiques et recommandations littéraires ? Si tel est le cas, les voilà on-line, agrégateurs, journalistes et blogueuses… Voir pirates !

- quel principal atout le web représentera à terme pour les bibliothèques ? On a bien vite répondu “l’archivage et la mise à disposition des œuvres” en oubliant semble-t-il le lien entre l’œuvre et son public (je vous aide, la réponse est “un être humain”)

- le réseau numérique des réseaux de la lecture publique ne peut-il pas devenir pour internet ce que le service public de la radio ou de la télévision sont devraient être pour ces médiums ? Des médias dégagés de contraintes commerciales, d’audience, d’influences capitalistiques ou marketing et de conquête de “marchés” ?

Quand nous taguons un contenu, que nous le classons dans des catégories puis que nous le mettons à la disposition des internautes et l’archivons ainsi, amis blogueur, quelle activité faisons-nous ?

Quand un journaliste passe ses journées à faire du Desk, à organiser des flux et titrer des masses de contenu, à chapeauter, à archiver, à éditorialiser et à faciliter l’accès à l’information, quel est ce métier qui ne dit pas son nom vers lequel il tend ?

Voyons les choses objectivement (fut-ce avec passion) : à l’heure ou les bibliothèques françaises s’emparent du web, nous devenons tous, blogueurs, journalistes et autres internautes actifs (producteur, chercheur et organisateur de contenu) des “recherchistes“, des journadocumentalistes… Des bibliothécaires.

Tout cela (et un authentique coup de cœur) m’incite à attirer votre attention sur l’ouverture, lundi matin, du premier média social d’un réseau départemental de la lecture public (les réseaux des bibliothèques et points de lecture), en l’occurrence celui du Cher.

Un site de plus ? Le premier dont le “lien” avec ses publics soit la finalité
, le premier surtout d’une longue série, interconnectés. Notre beau pays compte 96 départements et autant de réseaux départementaux de la lecture publique (tous riches de 300 à 500 bénévoles - et salariés pour 10% de cette “armée culturelle”).

> Chermédia ouvre ce 27 octobre 2008.
Ces personnes sont “juste” formidables.
On dit “vraies” de là ou je viens…

> Petit à petit mais avec une célérité croissante les bibliothècaires deviennent des médias…


Chermedia #1 (websérie)
envoyé par chermedia

(Ceci est le premier épisode de la série de reportages inédits tournés par nos soins avec ces 7 biblionautes des temps post-modernes ;-) )

–source images 1 et 2

Commentaires

3 commentaires sur l'article “[chermedia] Biblionautes, “on va marcher sur la Une””

  1. Rosselin le 26 octobre 2008 à 23:30

    Le “linkjournalism” existait avant le net. Courrier International est un produit de “linkjournalism”, tout comme Vendredi.

    Les scientifiques, qui multiplient les références (pour des tas de raisons) dans leurs publications, font du linkjournalism.

    Une des revues scientifiques les plus populaires dans les années 60 ou 70 était Current Contents, une simple revue des sommaires des principales revues scientifiques. Un netvibes sur papier…

    Jacques Rosselin
    Fondateur de Vendredi

  2. Nicolas Voisin le 26 octobre 2008 à 23:39

    @ Jacques > je suis absolument d’accord avec vous. Je ne crois d’ailleurs pas avoir dit le contraire à aucun moment (on ne réinvente pas la roue ;-)

    ce qui change, avouez-le cela-dit et pour poursuivre la conversation, avec la version “2.0″ du linkjournalism c’est que le lien envoi le lecteur “ailleurs”. Jusque-là, link ou pas link, le lecteur lisait une continuité éditoriale définie par une rédaction : un journal.

    Dans le journalisme de lien auquel vous et nous et tant d’autres investigons il s’agit, je crois, d’un temps (nouveau ?) dans la chronologie de l’information.

    (bravo, soit dit en passant. J’ai pris plaisir à la lecture des deux premiers numéros ;-) )

  3. FrédéricLN le 29 octobre 2008 à 8:46

    @ Nicolas

    Billet très intéressant (merci OAz -> narvic pour les liens). J’ajouterais que google me semble de plus en plus facilement saturé par des sites commerciaux sur certains sujets (est-ce en croissance ou non ? je ne saurais pas trancher) et que je ressens de plus en plus le besoin de recommandation / triage “social”, pour mes propres usages. Jungle épaisse requiert guides.

    “Quand un journaliste passe ses journées à faire du Desk, à organiser des flux et titrer des masses de contenu, à chapeauter, à archiver, à éditorialiser et à faciliter l’accès à l’information, quel est ce métier qui ne dit pas son nom vers lequel il tend ?”

    Bonne question, mais ne le dit-il pas ?

    J’ai découvert le métier de journaliste (par les manuels du CFJ, sur le conseil de Jacques Bugier) quand j’ai lancé à l’automne 2007 France démocrate. Surprise pour moi : ces manuels définissaient comme coeur de métier du journaliste, non la recherche d’information (moins de 1% du volume total de travail des journalistes, écrivent certains), mais sa hiérarchisation, son filtrage, sa mise en forme accessible aux lecteurs en fonction de la ligne éditoriale d’un support.

    Banalité pour les journalistes, donc - mais étonnement pour un “ancien lecteur” !

Poster un commentaire




Additional comments powered by BackType