Est-il normal d’être fiché quand on manifeste ?

Posté le 31 janvier 2009
Classé dans Politique, Riposter, Société |

Ce billet - une fois n’est pas coutume - sera très bref. Il pose une question qui se pose trop peu. Et cette question me dérange foncièrement.

Lors de la dernière manifestation contre “l’anti-terrorisme”, cette classification honteuse d’une contestation qui mêle réflexion et action, la quasi totalité des manifestants ont été arrétés (puis relâchés).

Dans toutes ces mobilisations, les RG (et consorts) sont partout et l’essentiel des citoyens révoltés par la politique du gouvernement et sa lutte contre une jeunesse “rebelle” sont photographiés, fichés, classifiés comme de potentiels dangereux “terroristes”.

Voilà, je voudrais poser une question simple et dont nos médias se saisissent que trop peu, dans un pays ou les contre-pouvoirs sont d’une faiblesse anorexique : est-il normal, en démocratie, que le simple fait de s’associer par sa présence à un cortège, à une contestation - légitime et sans doute nécessaire - donne lieu au fichage de chacun dans d’obscurs fichiers de police ?

Je redoute et pressens que Todd ait raison ; nous sommes alors dans un moment qui n’est plus démocratique, que l’arrivée de l’inculte agité égocentré à la Présidence de la République illustre. Et alors les “invisibles” ont également raison : “La possibilité que se propage une idée du politique, anonyme mais rejoignable, disséminée et incontrôlable, qui ne puisse être rangée dans le cagibi de la liberté d’expression” affole en haut lieu, au point de multiplier les dénis de démocratie. Et cela est inadmissible.

> Qu’en pensez-vous ?!

Commentaires

5 commentaires sur l'article “Est-il normal d’être fiché quand on manifeste ?”

  1. Isa le 31 janvier 2009 à 13:47

    Normal ? Bien sûr que non, mais de mémoire il en a toujours été ainsi… et à défaut de pouvoir arrêter tous les “associés”, les avancées en matière de technologies mobiles et numériques vont au-delà de la “simple” prise de photo initiale.

    Nous sommes dans une société qui tend vers le sécuritaire dans une aura de peur de son environnement et surtout de l’autre. Tout cela, bien sûr, avec l’approbation du bon peuple… Enfin… nous dit-on !
    Mais c’est pour notre bien…

    Peut-on espérer une réaction quand on parle de manifestants qui luttent CONTRE l’anti-terrorisme ?
    Le concept, l’idéologie tu l’as, ou pas, à la base. Pour susciter des réactions, des réflexions, une remise en cause ce n’est pas le meilleur exemple à mon sens.
    “Ah ouais, mais attend ! S’ils sont contre, c’est que ce sont des terroristes potentiels, attend ! Ils sont contre tout ce qui peut les mettre en danger forcément ! Et heureusement que la police les surveille, parce que sinon on aurait déjà sauté… Là au moins, ils se sentent pris au piège, liés et ne peuvent donc plus agir en toute impunité… Ouf !”
    Même s’il serait intéressant de se pencher sur le traitement médiatique…

    Autres réactions :
    Vidéosurveillance : “J’ai rien à cacher”
    Fichier Edwige : “Mouahaha ! t’es bien sur Facebook !”

    Quant à manifester… en soi… “pfff qu’est-ce qu’ils nous font ch*** !”
    Ou alors ça passe totalement inaperçu, pas de feu vert médiatique…

    Tout cela rejoint les notions de liberté
    Et quand un jeune me sort sérieusement et sincèrement que le travail c’est la liberté… je tremble.

    Ainsi donc nous serions en démocratie ?

  2. gauchedecombat le 31 janvier 2009 à 19:07

    félicitations pour cet article basé sur une interrogation essentielle pour la préservation de nos libertés fondamentales. Peu sont en effet conscients des pouvoirs sans limites offerts par le fichage informatique. j’ai toujours pensé que contrôlé par un gouvernement sans foi ni loi, ce serait une catastrophe pour les éventuels opposants. Ainsi, si le national socialisme (et on ne peut que faire des rapprochement avec le mouvement dit populaire de sarko… même si le parallèle peut paraitre osé et que nous n’en sommes pas encore là, certains signes sont troublants) avait eu cet outil à sa disposition, cela aurait certainement changé le cours de l’histoire, et pas dans le bon sens……

    Aujourd’hui, le fichage électronique ne semble plus avoir de limites… Puisque même les fichiers autorisés (on a beaucoup glosé sur Edvige, à juste titre) comme STIC peuvent être attentatoires aux libertés. Comment nous protéger des mauvaises intentions ?

  3. Nicolas Voisin le 1 février 2009 à 1:37

    Fichage, manifestation, publication [toute confusion de type “air du temps” serait fortuite]

    > http://twitter.com/nicolasvoisin/status/1161110525

    > http://www.rue89.com/2009/01/31/bollore-censure-le-monde-le-business-passe-avant-linfo

    > http://rewriting.net/2009/01/31/direct-matin-ma-censure-et-le-monde-avec/

    (24h pour que l’info atteigne un média. Combien pour que tombe le pass-Navigo et se justifient les rédactions concernées ? ;-)

  4. Jean-Marie Le Ray le 27 février 2009 à 16:57

    Ce qui est inquiétant pour la France est en train de devenir dramatique en Italie, où le système est largement en avance par rapport à ce qui se passe chez nous.
    Mais ce qui me surprend le plus, surprend au sens d’un ahurissement total, négatif, dégradant, même, c’est de voir l’aveuglement généralisé de l’immense troupeau qui va à l’abattoir en chantant, tranquillement rasséréné par les sourires des bourreaux.
    C’est un gigantesque suicide collectif…
    J-M

  5. hivert christian le 4 novembre 2009 à 19:32

    Il n’est pas superflu à ce niveau d’intervention là, de se doter d’une sur conscience auto proclamée et d’une autorité morale obtenue par toutes sortes de pressions, chantages affectifs, violences verbales, prises omniprésentes de paroles, contestation systématique de toute proposition autonome.

    Le must reste encore de prendre sournoisement la tête de collectifs constitués, voir d’en constituer nous-mêmes, de soulever toutes les contradictions existantes, d’en inventer s’il le faut, montrer les uns contre les autres tout ceux qui pourraient s’apercevoir un jour de leurs intérêts communs, rendre inconciliable ce qui pourrait l’être, faire de divergences des oppositions, d’oppositions des guerres sans fondement et sans fin, refuser toute discussion réelle sur le fond et aviver au maximum les rancoeurs personnelles accumulées.

    Et si malgré tout cela une quelconque conscience progresse, la décréter médiocrité, si un quelconque individu résiste, le briser moralement et physiquement !

    “Tous ensemble nous resterons moyens !
    Sachons profiter pour bloquer toute évolution !
    Dominus Domina Dominum Dominis Domini Domine “

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