L’Aristocratie des Followers

Posté le 17 mars 2009
Classé dans Politique, Société, Weblogs |

A force de parler de méritocratie on-line, il fallait s’y attendre : la “blogosphère” en son sens large et actualisé (le web social d’un territoire, incluant blogs, microblogging, réseaux sociaux et bookmarking, notamment) est, de plus en plus clairement, une aristocratie à part entière.

C’est un jeune étudiant aussi curieux que timide qui me le faisait récemment remarquer (il peut se dénoncer en commentaire ;-) )

L’histoire nous apprend que d’un pouvoir pris puis détenu “par une élite”, les aristocraties ont le plus souvent évolué “vers la monarchie ou l’autocratie”. C’est contestable, c’est en tout cas wikipédiable. On apprend notamment sur la matrice que l’aristocratie “peut parfois se combiner avec une sorte de démocratie”. Ce qui rassurera tout le monde.

En effet, comme le rappelait récemment Versac (vers ici) sur le web, les réputations et les positions ne sont pas définitives, ni solides par ailleurs. Elles se défont plus facilement qu’elles ne s’acquièrent. Quoi que.. Le “haut du panier visible” de la toile change peu ou lentement. D’autres disserteront sur la qualité réelle et l’évolution qualitative du dit panier…

Reste à palabrer, longtemps, sur le rôle et la place pris par les consultants, quelques journalistes et de nombreux bac+cadres, à se demander posément s’ils sont plus légitimes que jadis médias et bourgeois, reste aussi à dénoncer cela, car en ce bas monde toute mue se doit d’être progrès. Ou son contraire.

Commentaires

5 commentaires sur l'article “L’Aristocratie des Followers”

  1. Laurent le 17 mars 2009 à 18:30

    Amusant, ton papier est en écho avec le mien que voici :
    http://loranji.wordpress.com/2009/03/13/journalisme-autarcique-versus-web-social-vraiment/

    Sous des dehors ouverts, le web cache une vraie posture d’enfermement à partir des enjeux de réputation en ligne.

    Réputation en ligne versus open web…

  2. Paul le 17 mars 2009 à 18:33

    Cette aristocratie ne me fait pas du tout penser à l’aristocratie qui avait le pouvoir, mais plutôt à celle d’aujourd’hui, qui croit mériter le pouvoir, mais dont tout le monde se fout. Les barons de la blogosphère ne sont rien pour ceux qui n’en sont pas et, malheureusement pour eux, ils ne peuvent même pas se reproduire entre eux comme ce ne sont que des hommes.

  3. Fwed le 17 mars 2009 à 18:37

    Plus qu’une “aristocratie”, je parlerais d’un “snobisme”, dû à mon avis, à une forme de “propriété”… Propriété de ceux, qui les “premiers”, ont généré une mode, un buzz comme on dit aujourd’hui. Et qui ont du mal à accepter que d’autres “following” viennent marcher sur les plates bandes des followers (si j’ai bien tout compris au langage twitter!).
    Et se batisse ainsi une tour d’argent…pyramidale…
    Pour entretenir le réseaux et générer du réseaux, il me parait important d’être ouvert aux “nouveaux” qui prendront ce qui existe et iront plus loin en enrichissant le contenu … Sinon, c’est sur, on finira par établir une aristocratie et donc une décadence …
    A réfléchir pour Hadopi : est-ce-que le fait de créer une oeuvre POUR LE PUBLIQUE donne le droit à la propriété à long terme de cette oeuvre ??? (sinon on crée pour soi sans diffuser)
    Tel est à mon avis la question fondamentale à se poser quand on est artiste pour ou contre Hadopi … Et pour les “followers” en mal de snobisme …

  4. alphoenix le 17 mars 2009 à 20:18

    [ego]Je me dénonce (je gagne quelque chose, mis à part l’extrême privilège d’être cité dans Nuesblog ?) Et puis “curieux” je ne sais pas vraiment comment le prendre. Si c’est au sens d’avoir de la curiosité ou si c’est plutôt au sens d’étrange[/ego]
    Et oui, je confirme. Aristocratie, au sens étymologique, c’est “les meilleurs qui gouvernent” et d’ailleurs, selon mon point de vue, c’est peut-être le meilleur moyen de gouverner, tant que les meilleurs le restent et ne prennent pas la grosse tête.
    Au niveau du web, c’est la même chose. La seule chose à faire c’est soit rester le meilleur et donc bosser dur, soit assumer d’être moins bon et partir la tête haute.
    Le pire serait de rester sur son expérience et de ne pas laisser la place. Quant à savoir si les consultants, journalistes et autres sont des autorités ou non, il faut peut-être voir ça comme le “syndrome Delarue” chez qui l’expérience fait l’expert. Il faudrait peut-être aller voir un peu du côté des chercheurs et d’autres personnes “détachées”.

  5. Carine le 19 mars 2009 à 8:15

    La notion d’élite est dans l’ADN de la France. Ce n’est pas surprenant de voir le web participatif reproduire le schéma de notre système politique, médiatique ou encore économique.
    Toute évolution est régie par des codes culturels, eux-mêmes établis par l’histoire.
    Seules les révolutions cassent les systèmes établis.
    Décapitons les élites du web ^_^

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