Geithner “Get More”, le retour de l’homme qui tua Obama…

Posté le 19 avril 2009
Classé dans Hors du temps, Riposter |

Passons de l’autre côté d’une faille spacio-temporelle. Prêts ? Hop ! Vous voilà en 2030…

Il y a peine plus de 20 ans maintenant, en avril 2009, Barack Obama était au plus haut des cieux et la “crise financière” comme on l’appela alors, avait moins d’un an, quand apparurent les premières failles de ce que l’on nommera ensuite le plan “get more”, le fameux “burn gate” qui permit à quelques milliers de banquiers et financiers de réaliser “la plus grosse escroquerie de l’histoire”, pour reprendre les termes même du défunt Président américain démissionné.

Paul Jorion et Jacques Attali, parmi d’autres*, pointèrent du doigt à cette époque l’incroyable micmac financier “entièrement financé par les contribuables” (Attali) qui permit aux banques et à un système financier vicié de “voler encore plus à la population”, par le biais d’un Etat ruiné (rappelons que les Etat-Unis d’Amérique n’étaient à cette époque pas encore officiellement en faillite). Les “geeks” s’en souviendront, cette séquence historique est celle où Google manifesta ses premiers signes de défaillance (le 16 avril 2009 : première baisse du CA, des effectifs, etc).

L’homme dont l’incroyable campagne fit de lui le dernier président des Etats-Unis d’Amérique était alors plébiscité de tous. Démocrate, noir, jeune, au charisme et à l’éloquence évidents, il incarnait le sursaut du pays, d’une nation… Un pays qui quatre ans plus tard - deux ans seulement après la Grande Bretagne, 3 ans après la Grèce - fut mis sous tutelle internationale ; une nation, élevée à l’orgueil, qui jamais ne s’en remis.

L’ultime bulle financière, d’une sophistication encore jamais atteinte
, éclata quelques mois à peine après une réunion internationale (le G20) qui promettait de “moraliser et refonder le capitalisme”. L’homme qui, plus que tous les autres, incarna ce “coup d’état organisé par Wall Street et la City”, comme l’écrira plus tard l’ancienne Chancelière allemande Angela Merkel (”yes he did” - juin 2014) fut celui qui quelques mois auparavant avait été “l’espoir fait homme”.

A la suite de la “crise des subprimes” (crédits pourris) s’enchaîna, sans pause ni relance, la “crise des cartes” (de crédit) puis la “crise de la monnaie”, celle du dollars qui était alors la principale monnaie d’échange internationale (et “plus de crédit du tout”) et enfin la “crise de la dette”, qui fit basculer l’équilibre mondial.  A ce moment-là - les moins de vingt ans devront faire un véritable effort d’imagination - les banques étaient privées. Cela peut choquer, mais oublier que ce fut le cas pendant des siècles serait une erreur considérable.

A l’heure ou Chine et Inde envisagent, sempiternel serpent de mer, de fusionner leurs institutions, l’irruption du vieux Geithner dans les cercles d’influence internationaux rappelle les heures les plus noires de ce qui fut la dernière erreur fondatrice du capitalisme flambeur et paupérisant, erreur qui, seule, rendit possible les 20 ans de régression économique et social massives, rythmés d’émeutes de la faim, dont nous sortons avec peine.

L’ironie de l’histoire tourne au cynisme : à l’heure ou monnaie, crédit, finance et assurance sont partout socialisés, l’apparition de ce fantôme de l’Histoire sonne comme une insulte à l’intelligence. “Get more” incarne une époque, révolue, un peu comme si Milton Friedman ressuscitait (tiens, l’école de Chicago ?!).En témoigne le slogan de l’Union Européenne Humaniste, comme un clin d’œil à celui du dernier président de droite du vieux continent (c’était en 2007) : “partager plus pour vivre tous”.

Bafouille sncfée dont je souhaite vivement qu’elle soit “à côté de la plaque”

*MAJ : découvert lors du trajet retour > “la plan Geithner ne marchera qu’à condition que le contribuable perde gros (…) c’est un erzatz de capitalisme, la privatisation des bénéfices et l’étatisation des pertes (…) le genre de dispositif qu’adore Wall Street, astucieux, complexe et opaque, autorisant d’énormes transferts de richesses vers les marchés financiers” - Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’économie.

Paul Krugman (Prix Nobel d’économie également) ne dit pas autre chose, “désespéré” par la gestion de la crise financière par Obama et son équipe, rejoint par Jeffrey Sachs, tous 3 sités par Courrier International n°963, du 16 au 22 avril 2009…

J’en profite pour recommander à ceux qui ne l’ont pas lut l’essentiel ouvrage de Naomi Klein “la stratégie du choc”… Cruellement d’actualité. Demain Obama fêtera ces 100 jours…

Commentaires

9 commentaires sur l'article “Geithner “Get More”, le retour de l’homme qui tua Obama…”

  1. e-boo le 19 avril 2009 à 14:39

    Great , j’adore la politique fiction.

    Au fait Dauran (http://www.dauran.com/) avait pas lancer un blog + 1 an, il y a a a peu prés un an?

  2. Enterprise le 19 avril 2009 à 16:56

    J’ai des raisons de croire que ce ne soit pas une fiction.

    Ca me laisse une lueur d’espoir que certains, comme vous, commencent à y voir clair.

  3. Yann le 19 avril 2009 à 18:16

    Brillant … et sans doute (malheureusement) plus près du mille qu’à côté de la plaque.

    D’ailleurs voir http://minilien.com/?MnhezyHMqu ;)

    Les voyages en train ne font pas que former la jeunesse, ils provoquent des fulgurances :-)

    Mais alors donc … on fait quoi ?

  4. welcome in reality le 19 avril 2009 à 23:05

    Fallait pas être naif, les cocos…

    On vous l’avait dit, qu’Obama était l’homme de Wall Street et de la CIA…

    S’il avait été celui que vous espériez, on l’aurait flingué avant l’investiture…

    Les mêmes, qui nous ont expliqué que le 11 septembre était une formidable machination de la CIA, ont pu croire qu’un président d’un genre complètement nouveau aurait pu être élu pour changer le système, sans être empêché par ce système tout puissant ?

    Bonne nuit les bisounours. La déception ne sera que celle de vos illusions.

  5. Rosselin le 20 avril 2009 à 8:59

    Sur le plan geithner, lire également ce billet détaillé et pédago : http://blogduglobe.wordpress.com/2009/04/02/cherchons-les-raisons-du-rebond/

    Et plus généralement, sur ce bonneteau à l’américaine, lire les trois derniers numéros de Vendredi.

    JR

  6. Fwed le 21 avril 2009 à 9:24

    Encore une fois Mr “Nues”, résume à merveille ce que je susurre dans ces 2 articles :

    http://tinyurl.com/d55ksj

    http://tinyurl.com/d67bea

    C’est mal écrit, j’en conviens, j’ai d’autres talents, mais je ne pense pas avoir celui de l’écriture… A moi de réfléchir à une autre forme d’expression sur le web (j’ai ma petite idée ;-) )

    @ “welcome in reality” : La réalité ? Il y en a autant que d’êtres humains sur cette terre.
    Pour ma part, ta réalité, n’est pas la mienne.
    En tant que Bisounours et fier de l’être, je préfère mes illusions à la morosité ambiante.
    A ta réalité, j’oppose mon illusion : http://tinyurl.com/dbbmnd
    Bien à toi !

  7. Immo le 22 juin 2009 à 16:44

    Le déficit budgétaire est colossal. Tenter de le réduire sera une des importantes missions de l’administration Obama.
    La crise actuelle implique de profonds changements et une profonde remise en question afin de dessiner et dresser les nouvelles lignes à suivre à l’après crise.

  8. implants dentaires le 16 septembre 2009 à 18:46

    Brillant … et sans doute (malheureusement) plus près du mille qu’à côté de la plaque.

  9. mutuel france le 2 février 2010 à 10:27

    Pour ma part, ta réalité, n’est pas la mienne.
    En tant que Bisounours et fier de l’être, je préfère mes illusions à la morosité ambiant

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