La prospérité est le lien

Posté le 3 mai 2009
Classé dans Hors du temps, Médias, Weblogs |

Quand William Shakespeare, qui me pardonnera de ce raccourci, écrit “la prospérité est le lien de l’amour” ce lien n’est déjà pas seulement physique. Il est sentiment et, explicitement, prospérité. Récemment Philippe Couve [debat], puis Narvic (puis le reste de la blogosphère journalisTIC si ce n’est déjà fait) ont ré-ouvert la linkbox de Pandore - pour parodier un bon mot de Fabrice.

Un lien est il une information ? Est-ce un signal ? Un lien peut-il être du journalisme ? Et à partir de quand ? Et qu’est-ce qu’un lien (et y-a-t-il les mêmes droits dessus que sur un titre) ? Qu’est-ce que le digital journalism ? Ou - étape, d’après - qu’est-ce qu’un “web currator” comme le définissent Scott Karp ou Eric Scherer (”news jockeys”, “news junkies”, “news curator” ou “digital curator” d’ailleurs) ?



Ce matin encore, je débattais avec un ami photographe de l’intérêt de publier ses photos sur FlickR
, en Creative Commons. Il avait du mal à admettre que le © qu’il collait sur ses photos nuisait au fait que l’on fasse un lien vers “lui”. Cette économie réputationnelle et non marchande qui sait faire le tour du monde en un battement d’aile n’est possible qu’en favorisant le lien. Une partie de l’œuvre, sa vitrine, virale, réputationnelle donc on-line, est avant tout “lien”. Prospérité ?

De liens à liens… Un média social s’il assume son ambition étymologique, créé du lien, social, aussi, entre ceux qui s’y investissent. Au point que dans certains cas le média n’est plus une fin, mais un moyen. Alors ce lien social facilite le mieux-vivre ensemble, le collaboratif, la formation continue, stimule l’esprit de challenge. Je connais des bibliothécaires qui en témoigneraient des heures…

“La prospérité est le lien (…)”, disait Shakespeare, “elle entame des conversations”, rajouterait Loic Le Meur (et elle est “dans l’air” et en “temps réelle” :) également) elle est “éditorialisation des nuages”, aussi.

La prospérité, l’abondance, la liberté - que Loppsi ou Hadopi ne menaceront qu’en fédérant contre l’atteinte aux libertés numériques et la négation des usages qui auraient facilité l’émergence d’une économie nouvelle (PWYW, mécénat global, licence relative, etc) - la folie du web vingtenaire que nous foulons, ce 2.0 plus exactement 20.0, est dans l’échange, le remix, la recommandation. Dans les nuages. dans les liens.

Linkjournalism, linkblog, linkradio, linkTV ne seront rien d’autres que les liens à haute valeur ajoutée entre des archipels de surgissements. Des liens prospères entre soi, le collectif (le commun, dirait Versac :) ) et le global. Libérons-nous de nos chaînes. Le flux de demain est un réseau. L’ère du synapse. Celui du lien. La prospérité, d’après William, est le lien de l’amour. Prenons le temps d’aimer ce temps, réel. Liant.

Voici venu le temps du lien. Celui du grain, des machines, des monnaies et des états-nations laissa le monde en ruine et le cyber-espace en chantier. Ils appellent cela une crise. C’est une élévation du niveau de l’amer, un réchauffement sémantique. Un temps bien réel. le temps des CCe-rise.

Commentaires

1 Comment

2 commentaires sur l'article “La prospérité est le lien”

  1. [Enikao] le 3 mai 2009 à 19:08

    Alors là, pour “élévation du niveau de l’amer”, j’applaudis de toutes les mains que je trouve à proximité… :-)

  2. narvic le 4 mai 2009 à 17:34

    Nicolas Voisin (Nuesblog) et la métaphysique des liens hypertexte. :-)

    This comment was originally posted on FriendFeed

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