Posté le 6 juillet 2009
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C’est un travail au long-cours que nous commençons ce jour : lister, référencer et présenter clairement les dépenses web des partis politiques aux différentes échéances électorales.
Premier sujet d’étude (en l’absence à cette heure de données publiques concernant les Européennes 2009) : les Présidentielles de 2007.
- Combien chacun a investi pour sa campagne web ?
- A quoi correspondent ces dépenses ? (Cette question peut-elle trouver une réponse ?)
- Ces volumétries font elles sens avec les résultats obtenus ?
- Et comment ces budgets évoluent-ils ? (A suivre lors des prochaines étapes de ce périple dans nos données publiques /-)
Premier enseignement : les données sont rares et les précisions inexistantes ! La CNCCFP, commission chargée de décortiquer et de publier ces comptes, classe ces dépenses en “propagande”. On ne se refait pas - et ceci n’est pas sans révéler la perception qu’ils en ont.
> Un PDF (et un XHTML) d’une centaine de page sont disponibles sur leur site.
Classons d’abord les Candidats par ordre décroissant, de celui qui a (déclaré avoir) investi le plus sur la toile à celui qui a dépensé le moins sur le net… Et comparons ces données au score effectivement réalisé :
- S. Royal : 866 220€ (soit 4% du total) a obtenu 25,87 % des suffrages
- N. Sarkozy : 675 571€ (soit 3% du total) a obtenu 31,18 % des suffrages
- F. Bayrou : 720 511€ (soit 7% du total) a obtenu 18,57 % des suffrages
- D. Voynet : 130 172€ (soit 9% du total) a obtenu 1,57 % des suffrages
- M-G Buffet : 107 604 (soit 2 % du total) a obtenu 1,93 % des suffrages
- J-M. Le Pen : 29 741€ (soit 0,2% du total) a obtenu 10,44 % des suffrages
- A. Laguillier : 17 212€ (soit 1% du total) a obtenu 1,33 % des suffrages
- J. Bové : 8 859€ (soit 1% du total) a obtenu 1,32 % des suffrages
- P. De Villiers : 5 485€ (soit 0,2% du total) a obtenu 2,23 % des suffrages
- O. Besancenot : 5 404€ (soit 1% du total) a obtenu 4,08 % des suffrages
- F. Nihous : 2 543€ (soit 0,2% du total) a obtenu 1,15 % des suffrages
- G. Schivardi : 664€ (soit 0,1% du total) a obtenu 00,34% des suffrages
> Décryptons ces données ensemble ! Si leur fiabilité est très relative (qui a mis quoi derrière l’énoncé “Internet” ?) ces informations ne sont pas sans enseignement. Le second volet de ce travail sera une synthèse de ces analyses ainsi qu’un “complément d’enquête” concernant les échéances électorales survenues depuis.
@vous !
(Suite de ce travail dans les jours et semaines à venir. Nous comptons sur tous afin de réaliser ensemble une réflexion collective sur l’accessibilité de ces données et l’usage fait d’Internet dans les stratégies de “propagande” des différents partis politiques français. Un wiki pourrait à ce propos être réalisé… qui s’y colle ?)
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(Image d’après Liquid82)
Commentaires
20 commentaires sur l'article “Datacratie : Combien les partis français investissent sur Internet ?”
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Je continue ma plongée dans l’univers de la CNCCFP et y trouve ces chiffres concernant les législatives :
En moyenne pour les candidats aux législatives, les dépenses internet représentaient 5,3 % des dépenses totales ; 5,9% pour les candidats ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.
@alphoenix > http://bit.ly/hnVyP j’ai mis en ligne un premier papier de récap des données disponibles : ici, les présidentielles de 2007 /-)
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Quelques données (pas toutes vérifiées) circulent également sur le web concernant les européennes : 80K€ pour Europe Ecologie (selon Benoit Thieulin, interviewé à “Parlons Net”, au lendemain de la campagne) pour son seul site web, soit plusieurs fois le budget investi par le Modem sur cette séquence (source interne).
Inutile de préciser qu’à cette heure, PS et UMP ne tiennent pas ces chiffres à disposition… mais en insistant et en s’y mettant à plusieurs (… /-)
Un véritable enjeu serait de décrypter plus en profondeur ce qui est mis derrière cet énoncé “Internet” : développement et hébergement ? Community management ? Ateliers IRL spécifiques ? Production multimédia dédiées ? et quoi d’autre ?
Peut-être que le wiki de La Quadrature “Mémoire Politique” serait une bonne place, ça correspond plutôt bien à leur “cible”. Il faudrait leur demander si ça a sa place.
Est-ce que si on avait donnees.gouv.fr, on pourrait faire un simple appel cURL pour avoir un beau tableau et des pie-chart pour le pourcentage des dépenses web ? Ce serait magnifique et tellement simple…
[blog] Datacratie : Combien les partis français investissent sur Internet ? http://tinyurl.com/qwtm3e
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Tu veux pas nous faire deux camemberts côte-à-côte ? Ou des histogrammes ? C’est plus sympa que des chiffres, non ?
Le principe de ces bases, c’est que c’est à celui qui reçoit les données de les exploiter. Eni_kao, fais-toi plaisir ! Parce que la représentation est très subjective et les données sont tellement objectives
Datacratie : Combien les partis français investissent sur Internet ? http://tinyurl.com/qwtm3e (> @nicolasvoisin)
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RT @palpitt: Datacratie : Combien les partis français investissent sur Internet ? http://tinyurl.com/qwtm3e (> @nicolasvoisin)
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Le chiffre cité par Benoît comprenait également la formation de l’équipe de campagne (les Ecologeeks ont été redoutablement efficaces durant la campagne!) et la mise en place de l’ “écologie” de la campagne sur les réseaux sociaux. @+ !
(A suivre) Datacratie: Combien les partis français investissent sur internet ? http://tinyurl.com/qwtm3e
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Le meilleur ratio coût investi en web / nombre de voix est Besancenot (0,0036 € la voix) alors que la moins bonne affaire est pour Voynet (0,2257 € la voix, soit plus de deux Carambars !).
Mais ces chiffres bruts ne veulent rien dire seuls, une campagne qui “buzze” (hyûrk, quel mot horrible) peut coûter peau de balle et avoir une large visibilité, et éventuellement influencer.
@ alphoenix > “wiki de La Quadrature” excellente idée ! pour “donnees.gouv.fr” on en est loin mais beaucoup travaillent là-dessus ces temps-ci… air du temps ?
@ Enikao > yes you can : tu fais, tu links, tu trackbacks, j’actualise ?
@ Mathieu : merci de ces précisions ! et à nouveau… bien joué
Pour info, les chiffres calculés par Nicolas Voisin figuraient dans un chapitre de l’ouvrage “Le Vote de rupture. les élections présidentielle et législatives d’avril juin 2007″ paru en 2008 aux Presses de Sciences po.
On y trouve également les dépenses internet des candidats à la présidentielle de 2002.
le chapitre indique les chiffres officiels “sont probablement sous-évalués car ils n’intègrent que partiellement les infrastructures matérielles appartenant aux partis soutenant les candidats” et selon les auteurs les dépenses internet de Royal et Sarkozy étaient supérieures à un million d’euros.
Ce avec quoi je suis d’accord: Le Pen n’a dépensé officiellement que 29 741 euros, ce qui semble très peu par rapport à ce qu’était son site. Même remarque pour Bové.
Référence du chapitre: Internet: une communication électorale de rupture? par Thierry Vedel et Yves-Marie Cann
Pour les municipales 2008, les chiffres de la CNCCFP sont globaux. Et donc le chiffre de 5% de dépenses internet n’est qu’une moyenne qui n’a pas beaucoup de snes. Elle recouvre sans doute de grandes variations (plus de 700 listes avaient un budget total inférieur à 10 000 euros et plus de 400 avaient un budget total supérieur à 80 000 euros).
Pierre
Merci Pierre
Un enseignement ressort, de façon transversale et indépendamment de la solidité des chiffres ici communiqués :
> Si l’on s’en tient aux principaux volumes, sur cette élection comme sur les échéances plus récentes (et ceci compte-tenu des chiffres disponibles) un ratio de plus ou moins 6% semble s’appliquer assez clairement entre budget global d’une campagne et budget directement investi sur les outils et la stratégie Internet/web.
Question : ce chiffre de 6% (qui va croissant avec le temps) se retrouve-t-il chez nos voisins ? Et outre-atlantique ?
Le montant de l’investissement réalisé par les partis politiques français lors de la Présidentielle de 2007 http://bit.ly/17MLAm
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La bonne question est effectivement : où s’arrête le budget web ?
Benoit Thieulin cite “son” budget web (agence), mais la technique ne fait pas la campagne (heureusement !) il faudrait ajouter les ressources d’animation, voire l’écriture du contenu éditorial, et surtout les vidéos virales !
Plus largement, le budget ne dit pas tout, il y a des “externalités positives”. Matthieu Lerondeau parle des Ecologeeks que nous avons mis en place : ils étaient 70, à créer des dessins, des vidéos, à nous inscrire sur des réseaux sociaux (une 12aine au total)…
C’est un classique des réseaux que de créer ainsi de la “valeur”, mais ça reflète aussi une certaine prise en compte du web dans la campagne : entre Libertas qui donne son argent à une agence et la laisse faire, et Europe Ecologie qui demande une plateforme technique à la Netscouade mais l’anime en interne, il y a 2 conceptions différentes (de la campagne et du web…), et les budgets n’ont pas les mêmes effets…
fred (responsable web “coté europe-écologie”)
enchanté Fred /-)
en effet, rien ne remplacera l’usage, c’est à dire la construction avec des usagers et une stratégie qui fasse des candidats de réels usagers (formation + fouet
) ainsi qu’une véritable prise en compte des réalités des réseaux.
Reste que sans budget, on ne fait rien (de professionnel) et que déconnecter l’un de l’autre serait une erreur (que tu ne fais pas, ceci n’est pas mon propos /-)
[…] est acheté le nom de domaine. Rien ne filtre du projet. Y investira-t-on au PS jusqu’à plus de 6% des budgets du parti comme le voudrait la logique ? Ce serait alors un projet colossal. Digne sans doute de ce […]
[…] dernier est acheté le nom de domaine. Rien ne filtre du projet. Y investira-t-on au PS jusqu’à plus de 6% des budgets du parti comme le voudrait la logique ? Ce serait alors un projet colossal. Digne sans doute de ce […]