Gouverner c’est coder. Coder, c’est voter ?

Posté le 5 décembre 2009
Classé dans Politique, Société, Weblogs |

21 décembre 2009 - 22 mars 2010 : la dernière campagne avant 2012 sera également la première campagne politique pour laquelle l’ensemble des forces en présence auront, toutes, confié leur stratégie on-line a des professionnels. Nous sommes de ceux-là. Comment conter cela ? comment ne pas le faire ?

Les slogans déclinés depuis les url ? Un programme organisé à partir de killer app ? des “trending topics” en temps-réels pour piloter la campagne ? Un data-mining inédit pour consolider en quelques mois des projets nés des années ou des mois en amont ? des réseaux sociaux à ambition organisationnelles ? Des plateformes de libre expression véritablement éditorialisées ? Quelles innovations ? Pour quelle campagne, quel projet - par delà les résultats électoraux, fruits de tant d’autres vents contraires ?

J’ai commencé cette note le 21 novembre 2009. Il faudra longuement revenir sur les épisodes précédents, car rien de ce qui suit ne saurait être compris sans regarder plus en arrière et remonter, au moins, jusqu’en 2006. Mais ce sera pour plus tard.

La campagne des Régionales 2010 est une première du genre. Toutes les forces politiques en place ont mis des moyens appropriés et donné des cartes blanches de superficie et d’effectivité variables à des trentenaires plus geeks que spin doctors. Quoi que.

Il y a du Pilhan, du Campbell, du Obama et beaucoup d’intuition et d’imagination dans l’influence et donc l’approche de chacun. De près ou de loin autodidactes, une génération de barbus issus de la blogosphère primaire a jeté ces dernières semaines sur paperboard puis sur basecamp et en php dans vos navigateurs du jus de cerveaux déguisé en sites web et stratégies éditoriales on-line.

La politique est devenue virale. Plus qu’une addition de séquences de buzz, les 100 (puis les 1000) prochains jours seront les fruits de tentatives inédites de déployer derrières des url les échoppes en réseaux destinées à créer de la confiance et du discernement, des supports de liens sociaux et de mobilisation, IRL - In Real Life.

Pour le première fois ceci pourrait précéder et conditionner “tout le reste”. L’URL catalyseur de l’IRL ? Qu’est ce qui en sera in fine impacté, de la bâche derrière la scène à l’organisation des débats ou au plan média des candidats, du fond de marque à la mise en scène des valeurs, de la forme, tactile, implicative, scénographié, en passant par le fluide, l’essence : les données ?

Bien que mandatés à sa conquête, nous ne voulons pas le pouvoir. Pas pour nous. Nous sommes des geeks, des concepteurs, des développeur et des animateurs de médias sociaux, des citoyens engagés, nous ne sommes pas en quête de strapontins ou autres maroquins. En cela certains partis ne passent que maintenant véritablement du chaud au froid, du passionnel au professionnel.

Tenter de favoriser l’alternance et inscrire celle-ci dans une recomposition politique pluraliste et modérée, n’est pas pour autant - et je ne parle ici qu’aux noms de ceux que j’accompagne au sein de 22mars - le moins enthousiasmant des projets. Nous avons arraché, souvent assis au bord de la rivière, d’autres fois d’en d’âpres batailles intellectuelles ou entrepreneuriales, le droit de relever ce défi.

Nous n’allons pas mener une guerre, nous allons participer à la création de ses champs de batailles. Puissent a posteriori les vainqueurs être les citoyens, que d’aucun appellent internautes quand ils ne peuvent les embrasser du regard.

A bien y réfléchir, c’est de l’espérance et de l’adhésion dont est faite notre mission : il ne s’agit pas seulement ici de “faire des sites” mais bien davantage “d’inciter à faire”. A faire le juste choix.

Ce choix-là je ne l’ai personnellement jusqu’ici jamais fait. Passionné de politique et investi plus qu’il ne faut, je n’ai jamais eu de carte d’électeur et n’ai jamais voté ; ceci n’est pas un scoop. Telle est bien pourtant la seule issue qui compte pour chacun de ceux qui auront cette responsabilité ces prochains mois : inciter à voter. A voter pour celles et ceux en qui l’on a nous-même accepté de faire confiance.

Le premier à convaincre n’est donc ni militant, ni opposant, ni Madame Michu ou son fils Kevin, mais bien le ou la française d’âge moyen qui n’a pas envie que sa vie le demeure, moyenne. Ma pomme, entre-autres.

Vous aussi peut-être ?

[Illustration d’après une photo de John Steven Fernandez / CC - FlickR et photo CC by C. Grebert, ‘Toshopée maison]

Commentaires

5 Tweets

8 commentaires sur l'article “Gouverner c’est coder. Coder, c’est voter ?”

  1. nicolasvoisin le 5 décembre 2009 à 18:46

    #regionales cyber campagne politique française V1: rdv en 2010 http://bit.ly/6jUNJa “gouverner c’est coder. coder c’est voter?”

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  2. nicolasvoisin le 5 décembre 2009 à 18:54

    [blog] Gouverner c’est coder. Coder, c’est voter ? http://bit.ly/6zW2nQ

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  3. sabineblanc le 5 décembre 2009 à 18:58

    But = “inciter à voter” | #régionales cyber campagne http://bit.ly/6jUNJa “gouverner c’est coder. coder c’est voter?” /via @nicolasvoisin

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  4. florencedesruol le 5 décembre 2009 à 19:02

    Régionales2010=1ère campagne..ttes les forces en présence auront confié leur strat on-line à des pro http://bit.ly/6zW2nQ par @nicolasvoisin

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  5. Cath_woman le 5 décembre 2009 à 19:11

    Ambitieux programme! Belle aventure! Bonne chance aux geeks barbus ;)

  6. Desirade le 6 décembre 2009 à 3:21

    C’est parti mon Kiki ;-)))

  7. LaureLef le 6 décembre 2009 à 9:26

    Campagne élections régionales 2010 : l’URL catalyseur de l’IRL ? http://yoolink.to/3FB

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  8. Stan le 6 décembre 2009 à 17:48

    Ca va être passionnant en tout cas… ;-)

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